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FootballPereira: «Il nous faut surpasser l'impossible»

Coach d'un Servette toujours plus désargenté, Joao Carlos Pereira évoque le contexte très particulier dans lequel les «impayés» de la Praille aborderont le derby dominical contre Sion.

par
Nicolas Jacquier
Joao Carlos Pereira s'efforce de relativiser la situation.

Joao Carlos Pereira s'efforce de relativiser la situation.

Keystone

-Joao Pereira, en tant qu'entraîneur, comment vivez-vous l'extrême incertitude liée à l'avenir même du Servette?

-Peut-être est-ce dû à ma formation universitaire, mais je m'efforce de relativiser et de m'en tenir à ce que je sais être vrai. Ce qu'il est certain, c'est qu'il y aura un match dimanche. A mon avis, je serais toujours là pour aider Servette à surmonter ses difficultés.

-Dans les vestiaires comme à l'entraînement, les joueurs continuent d'afficher une fantastique solidarité, alors même qu'il existe une différence de traitement entre eux (ndlr: certains cadres de l'équipe ont reçu une partie de leur salaire). Que diriez-vous de leur comportement?

-Il est exemplaire, même si la situation n'est pas facile. Mais qu'y a-t-il de facile dans la vie? Il faut sans cesse faire des efforts pour obtenir ce que l'on veut (...) Quand on chante, on chante. Quand on dort, on dort... Et quand l'on doit jouer parce que c'est notre métier de jouer, on joue! Il faut sourire et continuer à embrasser la vie. Si l'on cherche des solutions, on les trouvera.

-La majorité des joueurs n'a pas perçu son salaire de janvier. Et vous?

-Je suis monté dans le même bateau qu'eux. Mais j'ai l'habitude de ce genre de situation après ce que j'ai vécu au Portugal, où c'était bien pire. Là-bas, un patron qui ne paie pas ses joueurs pendant 5 mois, c'est normal. Les clubs ont trop pris l'habitude d'avoir des budgets irréalistes. En Suisse, il y a heureusement des lois.

-L'été passé, Servette, alors que vous n'étiez pas encore son entraîneur, avait été s'imposer 4-0 en terre valaisanne, contre son meilleur ennemi. Ressentez-vous une quelconque pression avant ces retrouvailles?

-Ce n'est plus le même contexte. Chaque match a son histoire. Les acteurs de ce théâtre ont changé, les circonstances aussi. Cela ne nous empêchera pas de chercher la victoire. Le maillot servettien a une histoire. Chacun d'entre nous se doit d'être à la hauteur de ce qui constitue le patrimoine du SFC.

-A considérer que le club existe encore sous la forme qui est la sienne aujourd'hui, serez-vous toujours Servettien la saison prochaine?

-Mon contrat court jusqu'en juin, mais le président aimerait que je continue. Dans sa globalité, le projet est séduisant, et le contingent de qualité. Mais le prochain pas, ce n'est pas à moi de le faire. On peut faire des plans mais le futur s'écrit chaque jour au quotidien.

-Cette semaine, Majid Pishyar a clairement menacé d'abandonner Servette. Votre réaction?

-Le club existe depuis plus d'un siècle. On doit s'unir autour de lui afin d'aider les personnes qui se mobilisent. Pour cela, il nous faut surpasser l'impossible. Ce sont d'ailleurs les mots que le président nous a récemment répétés (...) Sur le fond, j'espère qu'on sera toujours là.

-Quand?

-Le plus longtemps possible! (Rires)

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