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Meurtre à ParisPerpétuité pour un faux chauffeur de taxi

Un chauffeur de taxi clandestin et délinquant multirécidiviste a été condamné vendredi à Paris à la réclusion à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans pour le meurtre en 2008 d'une jeune Suédoise.

Le chauffeur de taxi a été condamné après une rapide audience civile à Paris.

Le chauffeur de taxi a été condamné après une rapide audience civile à Paris.

AFP

«Je veux que vous sachiez que vous avez condamné un innocent», a déclaré l'homme après la tenue d'une brève audience civile, qui a suivi l'annonce de la décision de la cour.

La condamnation prononcée par la cour d'assises est conforme aux réquisitions prises jeudi par l'avocat général. Il s'agit de la peine maximale encourue par l'accusé, 55 ans, déjà condamné une dizaine de fois notamment pour trois viols commis dans les années 70 et 80. «Ne prenez pas le risque d'une nouvelle récidive!», avait lancé le représentant du ministère public.

Les éléments matériels accablent l'accusé, qui a dix jours pour faire appel. Mais dès son arrestation et tout au long de son procès, qui a duré deux semaines, il a accusé la police d'avoir fabriqué des preuves contre lui, niant catégoriquement avoir tué une jeune femme de 19 ans, après l'avoir prise en charge dans son taxi à la sortie d'une boîte de nuit parisienne.

«Je suis innocent, je n'ai jamais croisé votre fille et je ne l'ai pas tuée, je veux que vous repartiez avec cette certitude», avait-il encore déclaré vendredi matin aux parents et au frère de la victime, qui ont assisté au procès.

Quatre balles dans la tête

Jolie jeune fille blonde, installée à Paris depuis l'été 2007 pour y apprendre le français à l'université, l'étudiante suédoise avait été retrouvée morte dans la forêt de Chantilly, dans l'Oise, en banlieue parisienne, les mains entravées dans le dos par des menottes.

Elle avait reçu quatre balles dans la tête et portait une autre blessure à la poitrine, vraisemblablement causée par une arme blanche. L'état de son corps, en partie carbonisé, n'avait pas permis d'établir si elle avait subi des violences sexuelles.

Le chauffeur de taxi avait été arrêté six jours après sa mort, les enquêteurs étant remontés jusqu'à lui grâce à des témoignages et aux fichiers de personnes condamnées pour exercice illégal du métier de taxi.

Une carte bancaire de la jeune fille avait été utilisée le matin de sa disparition pour retirer 100 et 200 euros dans des distributeurs de banlieue. La caméra vidéo équipant l'un d'eux avait filmé un homme dont l'allure correspondait à celle de l'accusé.

Preuves

Dans son véhicule sera découvert un sac plastique contenant l'arme du crime - un pistolet 22 long rifle - et trois paires de menottes. Ses empreintes génétiques et celles de la victime seront retrouvées sur le pistolet. Pour l'accusation, il s'agit d'une «preuve massive» de sa culpabilité.

Mais loin d'avouer le crime, l'homme a accusé les policiers d'avoir placé ce sac dans sa voiture, affirmant aussi que la police avait prélevé de son ADN sur ses vêtements et l'avait transféré sur l'arme.

Des experts psychiatres l'ont décrit comme présentant une véritable «perversion morale, sexuelle et sociale». Les psychologues ont décrit les «carences affectives» dont il a souffert dès sa naissance.

La défense, quant à elle, avait mis en avant des lacunes de l'enquête, tentant d'amener la cour à un acquittement au bénéfice du doute.

«Il ne suffit pas de se proclamer innocent pour créer une circonstance de doute», avait commenté vendredi devant la presse Me Jean-Yves Le Borgne, avocat de la famille de la victime. «Les ultimes déclarations de l'accusé n'effacent en rien ce que les longs jours de débats nous ont apporté», avait-il ajouté.

(AFP)

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