Attentat de Nice: «Personne ne peut venir dire que le dossier est vide»

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Attentat de Nice«Personne ne peut venir dire que le dossier est vide»

Mardi, la justice a rappelé que les accusés au procès de l’attentat survenu à Nice, le 14 juillet 2016, ne pourront être jugés comme les auteurs de cette attaque.

L’attentat de Nice avait fait 86 victimes.

L’attentat de Nice avait fait 86 victimes.

AFP

Au procès de l’attentat de Nice, l’accusation a prévenu mardi que les accusés devaient être jugés «exclusivement pour les faits qui leur sont reprochés», même si cela pouvait générer des «frustrations» pour les victimes. «Il y aura des frustrations, c’est inévitable», a lancé l’avocate générale Alexa Dubourg en ouvrant le réquisitoire à trois voix du Parquet national antiterroriste (Pnat), en rappelant qu’«aucun» des huit accusés devant la cour d’assises spéciale ne pouvait être jugé «comme s’il était l’auteur de l’attentat».

Mohamed L.-B., un Tunisien de 31 ans qui avait été abattu par la police dans la cabine de son camion-bélier le 14 juillet 2016, est le grand absent de ce procès. Trois accusés sont poursuivis pour association de malfaiteurs terroriste – et non pour complicité de l’acte – et cinq pour trafic d’armes, sans qualification terroriste.

«Des charges suffisantes»

La représentante de l’accusation a toutefois contredit ceux qui estiment que les accusés sont là «parce qu’on a cherché des boucs émissaires et qu’on a voulu un procès à tout prix». «Il y avait des charges suffisantes pour qu’un procès se tienne. (…) Personne ne peut venir dire que le dossier est vide», a-t-elle assuré.

Alexa Dubourg, Rachel Lecuyer et Jean-Michel Bourlès doivent prendre tour à tour la parole pendant «un peu plus de six heures» pour démontrer ce qu’ils estiment être les responsabilités des accusés, a-t-on appris auprès du Pnat.

«Singularité de l’horreur»

Leurs premiers mots ont été pour redire aux victimes de ce «drame absolu», qui a fait 86 morts et plus de 400 blessés sur la Promenade des Anglais qu’ils avaient «parfaitement compris» leurs souffrances «immenses, insondables, parfois indicibles». Alexa Dubourg a également souligné «la singularité de l’horreur» de cet attentat, survenu en pleine vague d’attaques jihadistes, parce qu’il avait pris pour cible «des familles, et parmi elles, des enfants». Quinze enfants et adolescents ont été tués.

Si la représentante du Pnat a défendu le principe des autopsies judiciaires, parfois «nécessaires», elle a admis que le Pnat avait «failli» dans son «obligation légale» d’information des familles des victimes, ce qui avait engendré «une souffrance supplémentaire» et «une rupture de confiance avec l’institution judiciaire».

Alexa Dubourg a ensuite démontré la «nature terroriste» de l’acte commis par Mohamed L.-B., qui a «troublé l’ordre public de façon exceptionnellement grave», rappelant qu’il avait cherché à louer spécifiquement un véhicule de 19 tonnes. «Il voulait un camion le plus lourd et le plus puissant possible. Il sait précisément ce qu’il cherche: tuer en faisant un carnage», a-t-elle assuré.

«Obsession jihadiste»

Si la motivation jihadiste du tueur n’est pas nécessaire pour caractériser la nature terroriste de son acte, l’avocate générale a ajouté qu’il avait «très clairement voulu (lui) donner une dimension jihadiste» et rappelé son «processus de radicalisation» et son «obsession pour le jihad» dans les semaines précédant le 14-Juillet.

Sa collègue Rachel Lecuyer doit ensuite prendre la parole pour donner des «explications juridiques sur les qualifications» des infractions reprochées aux accusés, et notamment sur les «contours» de l’association de malfaiteurs terroriste. Elle décrira ensuite les «charges retenues» contre les cinq accusés – quatre hommes et une femme – poursuivis pour des délits de droit commun liés au trafic d’armes. Ils encourent un maximum de dix ans de détention.

Quatre d’entre eux, de nationalité albanaise, sont notamment accusés d’avoir contribué à fournir un pistolet au tueur. Le cinquième, un Tunisien de 37 ans qui aurait servi d’intermédiaire, est actuellement détenu en Tunisie et jugé en son absence.

(AFP)

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