Polémique: Peta veut abolir les calèches

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PolémiquePeta veut abolir les calèches

Suite à la mort d'un cheval à Zermatt (VS), fin janvier, l'association veut faire interdire les virées équestres en Suisse. Le responsable des bêtes conteste toute maltraitance.

par
Sarah Zeines
À Zermatt (VS), un cheval a perdu la vie après avoir été écrasé par la calèche qu'il tirait.

À Zermatt (VS), un cheval a perdu la vie après avoir été écrasé par la calèche qu'il tirait.

KEYSTONE OLIVIER MAIRE

Tout avait commencé par un tour en calèche à Zermatt, le 21 janvier dernier. Une escapade qui a viré au drame, lorsqu'un des trois équidés à l'avant du char a été effrayé par un drone. Dans un élan de panique, l'animal a été écrasé par le dispositif qu'il tirait.

Relayé par les journaux alémaniques, l'incident n'a pas fait grand bruit. Jusqu'à aujourd'hui, moment où le People for the Ethical Treatment of Animals (PETA) a annoncé sa volonté de faire interdire «ce mode de transport cruel et archaïque» en Suisse.

«Des animaux maltraités»

Pour faire valoir sa nouvelle cause, l'association de défense des droits des bêtes se base sur l'Ordonnance sur la protection des animaux, qui «stipule clairement que les animaux ne doivent pas être exposés à la douleur, aux blessures physiques, à la souffrance ou à la peur de façon injustifiée», fait remarquer Sascha Camilli, porte-parole de l'organisation. «Pourtant, c'est ce que vivent souvent les chevaux de calèches, continue l'activiste. Leur quotidien dans la rue est triste et difficile. Ils sont obligés de porter des charges lourdes, qu'il y ait de la circulation ou un temps peu clément. En hiver ils avancent péniblement dans la neige et la glace. En été ils respirent les gaz d'échappement et sont forcés de marcher sur l'asphalte brûlante. Ils doivent constamment essayer d'éviter les collisions avec des conducteurs inattentifs ou impatients.»

Du côté des hôtels responsables des chevaux, le discours militant agace. «Au moindre incident, les défenseurs des animaux crient au scandale, s'indigne Andreas Biner, qui représente le groupe. Nous prenons beaucoup soin de nos bêtes, qui sont gérées par un ancien dresseur équestre du Cirque Knie. Les animaux sont également régulièrement suivis par des véterinaires et hébergés dans une belle grange. Nous dépensons des grosses sommes d'argent pour eux.»

Concernant la présence du drone, à l'origine de l'accident, il s'agit d'un «élément rare». En effet, ces appareils volants sont interdits dans la commune, en raison de la présence d'un héliport. «Il s'agit d'une maladresse commise par un privé, insiste Andreas Biner. Les circonstances restent exceptionnelles. Nous n'avons jamais eu de souci avant et nous continuerons nos tours en calèche.»

Interdiction au Québec

En matière d'interdictions de ce mode de transport, des restrictions sont déjà tombées ailleurs dans le monde. Notamment au Québec, qui a prohibé le dispositif équestre en mai 2016. La Ville de New York a aussi tenté de réduire drastiquement le nombre de calèches à Central Park, début 2016. La mesure n'a toutefois pas été validée par la Municipalité.

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