Football - Peter Zeidler garde foi en sa méthode
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FootballPeter Zeidler garde foi en sa méthode

Malgré la saison délicate que traverse son équipe, opposée à Lucerne ce samedi (20h30), l’entraîneur de Saint-Gall est satisfait de ses joueurs et réaffirme sa conviction en ses principes de jeu.

par
Brice Cheneval
Peter Zeidler encourage ses joueurs à conserver le même style de jeu. 

Peter Zeidler encourage ses joueurs à conserver le même style de jeu.

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Un rayon de soleil dans la grisaille. Éliminé de la Ligue Europa sans passer par la phase de poules et dans le dur en Super League sur le plan comptable (7e), Saint-Gall a trouvé un refuge avec la Coupe. Tombeurs de Young Boys en huitièmes de finales (4-1), les Brodeurs affronteront Servette dans le dernier carré après avoir écarté Grasshopper mercredi (2-1). Un soulagement. «C’était hyper important de gagner à Zurich pour vivre des moments positifs. Si on avait perdu, ça nous aurait mis un coup au moral», hoche Peter Zeidler, l’entraîneur de Saint-Gall.

Car en parallèle, son équipe n’a plus goûté à la victoire en championnat depuis bientôt deux mois. Troisième à la trêve de Noël, le vice-champion en titre a dégringolé par la suite: seulement trois succès en quinze matches et une lente descente vers les profondeurs du classement. Actuellement 7e, Saint-Gall ne compte plus qu’un point d’avance sur le barragiste, Vaduz. Il n’y a pas encore urgence mais le danger rôde.

En prenant seulement en compte les résultats depuis la 15e journée, Saint-Gall est dernier de Super League.

En prenant seulement en compte les résultats depuis la 15e journée, Saint-Gall est dernier de Super League.

Capture d’écran Transfermarkt

«Le souci, c’est qu’on est jugé par rapport à notre saison dernière extraordinaire, constate Peter Zeidler. Beaucoup de personnes nous ont vu champions et on aurait aimé que la fin soit différente, mais cette saison-là est terminée. On est reparti sur une nouvelle, avec une équipe différente.»

Une efficacité en berne

Les explications rationnelles des difficultés saint-galloises ne manquent pas: les départs notamment de Cedric Itten, Ermedin Demiroic et Silvan Hefti au mercato estival; une préparation tronquée en raison de la courte intersaison; un calendrier surchargé qui réduit la quantité des entraînements; l’absence des supporters, si importants à Saint-Gall… Mais Peter Zeidler le martèle fermement: «Je ne cherche pas d’excuses.»

D’autant que, contrairement à ce que supposent les résultats, le technicien allemand se dit satisfait de ses joueurs. «Je ne suis pas un romantique, je sais qu’à la fin, c’est le classement qui compte. Mais à l’entraînement, c’est bien, et dans le jeu, on atteint presque toujours le même niveau que l’année dernière, affirme-t-il. Ce que je vois me rassure.»

Statistiquement, les Brodeurs ne sont pas si loin de leurs précédents standards. Leur pressing, déjà, reste tout aussi intense. Comme en 2019-2020, ils dominent la Super League dans deux indicateurs: le PPDA (nombre de passes en moyenne accordées à l'adversaire dans le camp de celui-ci) et l’intensité (duels, tacles et interceptions par minute de possession adverse).

Voir le décryptage du jeu de Saint-Gall la saison dernière

En attaque, les Saint-Gallois se montrent certes un peu moins tranchants: leur nombre de tirs par match a légèrement baissé, ainsi que les passes clés (dernière passe qui précède un tir) et les «smart passes» (passent qui tentent de briser les lignes défensives de l’adversaire pour obtenir un avantage significatif en attaque). La raison est simple: les équipes adverses leur laissent davantage le ballon (55% contre 52,9% la saison précédente) et offrent moins d’espaces.

En revanche, Saint-Gall pêche particulièrement dans le dernier geste. En termes d’«expected goals» (ou «buts attendus», unité qui estime le nombre de buts qu’aurait dû inscrire un joueur ou une équipe en fonction de la qualité des occasions), les pensionnaires du Kybunpark devraient totaliser 43 buts à ce stade du Championnat. Or, ils n’en ont inscrit que 35. Ce qui contraste avec l’exercice précédent, où leur attaque avait sur-performé (70,07 buts attendus, 79 marqués).

Ce manque d’efficacité leur a joué de bien mauvais tours. Comme à Lucerne, le 7 mars, où après avoir mené 2-0 et vendangé plusieurs occasions franches, ils se sont fait renverser (2-4). Le genre de scénario qui induit une perte de confiance. «On a l’équipe la plus jeune (ndlr: 23,6 ans en moyenne), donc on marche à la confiance. Mais on l’a moins en ce moment, ainsi que la spontanéité, commente Peter Zeidler. Par conséquent, on n’arrive pas à enchaîner les victoires.»

Croire en ses principes

L’ancien entraîneur de Sion connaît la chanson. Lorsque les résultats ne suivent pas, les styles de jeu offensifs et énergivores tels que celui pratiqué par Saint-Gall ne font pas l’unanimité. Mais Zeidler n’est pas un court-termiste: «Dans ce genre de période, il ne faut pas atténuer ses principes. On doit rester serein même si, je l’avoue, ce n’est pas toujours facile. Ne pas se dire: on presse moins, on joue moins vite, plus latéral... Au contraire, il faut mettre encore plus l’accent dessus. On doit jouer avec encore plus de concentration et de conviction. Aussi, à l’entraînement, ne pas inventer des exercices hyper compliqués mais travailler les bases: revenir sur les principes, les répéter. Ça peut arriver de changer et on le fait, mais seulement sur quelques détails. Les grandes lignes, elles, restent.»

«Dans ce genre de période, il ne faut pas atténuer ses principes. […] Au contraire, il faut mettre encore plus l’accent dessus»

Peter Zeidler, entraîneur de Saint-Gall

Et comment fait-il pour persuader ses joueurs qu’il s’agit toujours de la meilleure manière pour gagner? «À la vidéo, avec le staff, on insiste sur ce qu’ils font de bien. On aurait un problème si on n’avait pas de bonnes séquences en match, mais ce n’est pas le cas. Même quand on a perdu, il y a eu des choses positives. Et c’est ce qu’il faut montrer aux joueurs.»

La méthode a fait ses preuves et le crédit de Peter Zeidler n’est pas encore entamé au sein du groupe. «J’ai l’avantage d’avoir des joueurs, surtout ceux qui sont là depuis quelques années, convaincus de notre façon de jouer», assure-t-il.

Il reste huit rencontres à Saint-Gall pour inverser la tendance. «Si on termine huitième, ce sera une bonne saison, souffle Zeidler. C’est possible qu’on reste derrière jusqu'à la fin, mais si on se sauve à l’avant-dernière journée, pas de problème.»

Se sauver oui, mais en jouant. Toujours.

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