Actualisé 06.05.2020 à 09:30

Les entretiens particuliers de Peter Zeidler

Football

Le coach du FC Saint-Gall a récemment discuté avec chacun de ses joueurs dans le rond central. Histoire d’une photo symbole prise par... Matthias Hüppi, le président du club

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Sport-Center
Peter Zeidler, à droite, a tenu à discuter avec chacun de ses joueurs (ici Vincent Rüfli), dans le rond central.

Peter Zeidler, à droite, a tenu à discuter avec chacun de ses joueurs (ici Vincent Rüfli), dans le rond central.

Des centaines de milliers d’images, peut-être des dizaines de millions voire davantage, inondent chaque jour la Toile, circulent sur les réseaux sociaux sans forcément s’inscrire dans nos mémoires. Mais dans ce déluge ininterrompu de photos, il y a parfois, ici ou là, celle qui fait tilt pour le symbole qu’elle peut contenir et ce que l’on peut y découvrir. Souvent parce qu’elle accroche notre regard et diffère de la masse. C’est précisément ce qui s’est passé l’autre jour quand l’on a «flashé» sur un cliché mettant en scène Peter Zeidler en compagnie de l’un de ses joueurs…

Regardez bien cette image en détail. On y voit, à droite, l’entraîneur du FC Saint-Gall, actuel leader de Super League, installé sur une chaise dans le rond central du Kybunpark, devisant - à bonne distance - avec Vincent Rüfli (ex-Servette, Sion, Dijon et Paris FC). Curieusement, cette image n’a pas été prise par un photographe mais par Matthias Hüppi, le président des «vert», une image que l’ancien journaliste vedette de SRF a prise depuis son bureau présidentiel, à l’intérieur du stade, et qu'il a ensuite «transférée» sur son compte Twitter.

Remontant au mois d’avril déjà avant d'être noyée depuis par le déluge quotidien du fil de photos, elle raconte des retrouvailles, celle d’un coach avec ses joueurs. «Au début de la crise, raconte Peter Zeidler, on avait préféré renvoyer chacun à la maison, en demandant aux joueurs de prendre soin d’eux et de leurs familles. Quand chacun est revenu à Saint-Gall, j’ai tenu à les voir individuellement, en tête à tête, afin de recueillir leurs impressions. «Racontez-moi ce que vous avez fait», ai-je alors simplement demandé à chacun d’entre eux. Je me suis assis au centre du terrain, et chacun s’est épanché.»

«On a très peu parlé de football, de tactique...»

La discussion avec le défenseur genevois, très peu aligné cette saison (avec un temps de jeu de 136 minutes réparties sur quatre matches), a duré près d’une heure. «Ce fut une magnifique rencontre, peut-être la plus intéressante de toutes. On a très peu parlé de football, de tactique, de schémas mais chacun en a appris sur l’autre. Je pense qu'elle sera profitable à chacun de nous, à Vincent comme à moi-même…»

Comme tous les autres clubs de Swiss Football League, le FC Saint-Gall doit supposément reprendre l’entraînement collectif à compter du 11 mai. En principe, et si les conditions sanitaires l’y autorisent. Au sein même de l’actuel leader du championnat, le scepticisme est cependant de mise, Saint-Gall n’étant pas loin de rejoindre le camp des clubs opposés à une reprise (lire encadré).

N.JR

Alain Sutter exprime ses craintes

Suspendue depuis le 23 février, la saison de Super League pourra-t-elle reprendre dès le 8 juin comme l’espèrent toujours les dirigeants de la SFL? A Saint-Gall, pourtant leader du championnat, le scepticisme semble l’emporter.

A l’occasion d’un débat organisé lundi soir sur une TV régionale, le directeur sportif du Kybunpark n’a ainsi pas craint d’exprimer publiquement ses réticences. A l’entendre, le football serait tout simplement incompatible avec les mesures sanitaires actuelles qui sont prônées, notamment au niveau de la distanciation. «On demande aux gens de se tenir à 2 mètres de distance les uns des autres et de porter un masque, alors que dans un stade, vingt-deux joueurs devraient s'affronter les uns face aux autres.»

Pour l’ancien international helvétique, la santé de la population doit primer. Sur la même longueur d’ondes que son président, Alain Sutter estime qu’il conviendrait de davantage tenir compte de l’avis des joueurs, maintenus à l’écart du protocole d’une reprise à huis clos. «Compte-tenu des circonstances que l’on connaît, je me demande si nous pouvons assumer la responsabilité d'un retour au jeu vis-à-vis des joueurs…», a-t-il notamment expliqué.

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