Argent sale – Pétition déposée à Berne pour exiger des mesures contre la corruption
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Argent salePétition déposée à Berne pour exiger des mesures contre la corruption

Public Eye a déposé à Berne un texte muni de 24’000 signatures pour demander des meilleures lois contre la corruption et le blanchiment d’argent impliquant la Suisse.

Pour que Ueli Maurer ait enfin «envie» de prendre des mesures contre la corruption, Public Eye a rassemblé pour lui un pot-de-vin symbolique sous la forme de faux billets de mille francs à son effigie.

Pour que Ueli Maurer ait enfin «envie» de prendre des mesures contre la corruption, Public Eye a rassemblé pour lui un pot-de-vin symbolique sous la forme de faux billets de mille francs à son effigie.

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Public Eye, qui se bat pour un monde plus juste, a remis ce mercredi à la Chancellerie fédérale une pétition munie de 24’000 signatures pour demander que Berne prenne «enfin des mesures» contre la corruption et le blanchiment d’argent. «Les signataires ne veulent plus que des milliards d’argent sale se retrouvent encore sur des comptes suisses», souligne l’ONG. Leur revendication: «que le Conseil fédéral édicte enfin des obligations de diligence raisonnables pour les conseillers de sociétés-écrans».

L’ONG avait appelé en septembre dernier à «corrompre» le ministre des Finances, Ueli Maurer, responsable selon elle de lutter contre la criminalité économique. Quelque 24’000 personnes avaient alors signé un faux billet de 1000 francs à l’effigie du grand argentier pour exiger de meilleures lois contre la corruption et le blanchiment d’argent impliquant la Suisse. Le but: accroître la pression parlementaire et internationale sur le Conseil fédéral.

3600 milliards de perdus chaque année

Public Eye rappelle dans son communiqué que la population mondiale perd chaque année 3600 milliards de dollars en raison de la corruption. Or la Suisse et sa place financière jouent un rôle central dans la quasi-totalité des scandales internationaux en la matière, souligne-t-elle.

L’ONG rappelle que le Groupe d’action financière (GAFI), qui définit les normes minimales en matière de lutte contre le blanchiment, planche actuellement afin de renforcer la transparence des grandes entreprises. Sa recommandation devrait être approuvée en février, ce qui va donc faire un peu plus pression sur la Suisse, souligne Public Eye.

En 2020, un rapport publié par Transparency international montrait que la Suisse faisait bonne figure en matière de corruption mais avait encore des efforts à faire pour lutter contre.

Un sujet qui mobilise la gauche au Parlement

À Berne, plusieurs interventions ont été déposées en 2021 pour que la Suisse lutte davantage contre le blanchiment, notamment après le scandale des Pandora Papers dans lequel elle a été impliquée. À l’image du conseiller national Baptiste Hurni (PS/NE), qui est revenu à la charge après une motion de 2017 sur le sujet jamais traitée par le Parlement. Il demande l’introduction d’un registre des ayants droit économiques des sociétés (offshore) et trusts afin d’assurer une meilleure transparence à leur sujet.
Son collègue zurichois Fabien Molina veut lui en savoir plus sur les conséquences économiques du blanchiment d’argent en Suisse, rappelant que le nombre de communications de soupçons a augmenté de 25% en Suisse en 2019. D’autres parlementaires de gauche veulent également plus de moyens pour lutter contre la corruption.

(cht)

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