Football: Petko, joue-la comme Köbi!
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FootballPetko, joue-la comme Köbi!

L'équipe de Suisse s'est présentée au grand complet mardi devant les journalistes. Une opération séduction à renouveler, selon notre journaliste.

par
Nicolas Jacquier
Il faut que Petko imite Köbi, fasse tomber les barrières et mise sur la proximité.

Il faut que Petko imite Köbi, fasse tomber les barrières et mise sur la proximité.

Keystone

Mardi, dans son stamm schwytzois de Feusisberg, l’équipe de Suisse s’est mise en scène. On a eu droit au grand pardon collectif face à des fans et un pays qui n’attendaient que ça pour tourner la page d’un Mondial raté. Une opération séduction de pure communication destinée à rafistoler les pièces d’un puzzle éparpillé. Reconnaissons-le: la mise en scène fut soigneusement ficelée et totalement inattendue. Elle a été marquée par l’apparition de tous les joueurs, venus écouter doctement les excuses contrites des principaux acteurs du feuilleton de l’été. En l’occurrence, il s’agissait moins d’abattre les aigles bicéphales que de les empêcher de reprendre leur envol.

Ce jour-là, la Suisse, qui s’est lancée dans un mea-culpa aussi collectif que tardif, a incontestablement marqué un point qu’il s’agit désormais de faire fructifier. En se présentant unie face aux médias lors d’un rendez-vous réservé au départ au seul sélectionneur, la Suisse a montré qu’elle pouvait matraquer sa politique de cloisonnement qui a cours depuis des lustres, bien avant la prise de pouvoir de Petkovic. Depuis trop longtemps, les suiveurs n’ont droit au quotidien qu’à des propos souvent fades et convenus d’un ou de deux joueurs mis à disposition par la Fédé. Pas de quoi rapprocher les footballeurs de leur nation...

On ne peut pas prôner la transparence en fermant les portes. Parce que, en procédant de la sorte, les dirigeants du foot influencent (probablement consciemment) le travail des journalistes. Et donc, par effet ricochet, l’image de leur équipe auprès du grand public.

Aujourd’hui, il est urgent de profiter de cette séance du grand pardon pour se rapprocher des supporters. Si la Fédération entend réellement solder le passé, ses responsables de communication n’ont pas besoin de se creuser la tête. Il leur suffit de copier ce qui existait déjà sous l’ère Köbi Kuhn, lorsque tous les internationaux, sans exception, se présentaient à chaque rendez-vous médiatique. Il en résultait un joyeux charivari que beaucoup de nos voisins nous enviaient. Assis devant un bureau improvisé dans la classe «suisse», tous les joueurs ne connaissaient certes pas la même fréquentation. A côté des bons clients, souvent toujours les mêmes, il n’était pas rare qu’un joueur ou l’autre doive faire tapisserie avant de s’éclipser discrètement.

Lors de la Coupe du monde 2006 en Allemagne, les 23 sélectionnés étaient ainsi régulièrement disponibles - tout l’inverse de ce qui s’est passé cet été en Russie. A l’époque, cela faisait de la Suisse une sélection unique et ce n’est pas un hasard si cette équipe-là demeure, aujourd’hui encore, la plus aimée des fans helvétiques. Qui avaient le sentiment de se retrouver à travers ses représentants.

Alors que la Suisse de Kuhn vivait proche de la base, celle de Petkovic s’en est trop éloignée. Si l’équipe est aussi soudée que ses joueurs le prétendent, ceux-ci doivent renouveler l’expérience de ce début de semaine. En multipliant ce type de rendez-vous, quel qu’en soit le prétexte et les circonstances.

Au niveau de l’approche, il faut que Petko imite Köbi, fasse tomber les barrières et mise sur la proximité.

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