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EnergiePetroplus commence à vendre ses raffineries

Le groupe zougois a entamé le processus de vente de la raffinerie de Petit-Couronne (France). Il examine aussi les alternatives pour les sites de Cressier, dans le canton de Neuchâtel, et Anvers (Belgique).

Le sort de la raffinerie de Cressier, qui compte 260 employés, reste très incertain. Le site neuchâtelois a été fermé cette semaine.

Le sort de la raffinerie de Cressier, qui compte 260 employés, reste très incertain. Le site neuchâtelois a été fermé cette semaine.

Reuters

Petroplus a entamé le processus de vente de la raffinerie de Petit-Couronne, près de Rouen (F). Le groupe zougois, en proie à de graves difficultés financières, examine également les alternatives stratégiques pour les sites de Cressier (NE) et Anvers (Belgique), y compris leur vente.

Le groupe a entamé le processus de vente de sa raffinerie normande et des entreprises de marketing liées, a-t-il indiqué vendredi dans un communiqué. Toutes les autres options possibles sont également considérées, ajoute Petroplus, sans donner davantage de précisions.

La raffinerie de Petit-Couronne, qui compte 550 salariés, est à l’arrêt depuis début janvier. Les salariés bloquent depuis le début de la crise les derniers produits finis fabriqués sur le site.

Le dossier a pris en France une tournure politique, à trois mois de la présidentielle et dans un contexte de chômage élevé. «Nous voulons aller vite pour maintenir l’activité industrielle à Petit- Couronne», a déclaré le ministre de l’Energie Eric Besson sur les ondes de RTL. «L’objectif du gouvernement, c’est clairement la reprise d’activité la plus rapide possible», a-t-il poursuivi.

Flou pour Cressier

L’annonce de la mise en vente du site était attendue par une partie des salariés et a été diversement accueillie, a indiqué pour sa part à l’AFP Nicolas Vincent, coordinateur CGT et porte-parole de l’intersyndicale CGT-CFDT-CFE/CGC.

«Ceux qui croyaient encore à Petroplus se sentent complètement lâchés. Pour ceux qui comme moi n’y croyaient plus, c’est plutôt une bonne nouvelle, car cela nous laisse les mains libres pour trouver un repreneur», a ajouté le syndicaliste.

De son côté, le sort de la raffinerie de Cressier, qui compte 260 employés, reste très incertain. Le site neuchâtelois a été fermé cette semaine «en toute sécurité», informe la société. Pour l’instant, aucun repreneur ne s’est manifesté publiquement.

L’arrêt de l’usine de Cressier, l’une des deux raffineries de Suisse avec celle de Collombey (VS), propriété de Tamoil, ne menace pas l’approvisionnement en pétrole de la Suisse.

Problèmes logistiques

Selon Philippe Cordonier, porte-parole de l’Union pétrolière (UP), les produits raffinés à Cressier approvisionnent surtout le Plateau et la Suisse romande. Ils sont acheminés par le rail «dans des dépôts régionaux dans quasiment toute la Suisse» et par la route auprès des stations-service et des marchands de combustible de la région.

Avec la fermeture de la raffinerie neuchâteloise, une hausse du prix de l’essence de quelques centimes est possible dans la région, estime M. Cordonier. Elle serait toutefois momentanée, le temps que les acteurs du marché local adaptent la logistique.

Petroplus a annoncé la semaine dernière un accord temporaire avec les banques qui lui accordent des facilités de crédit. Il permet de poursuivre en partie les activités sur les sites de Coryton (Angleterre) et Ingolstadt (Allemagne).

Le groupe avait informé fin décembre s’être vu refuser l’accès à une ligne de crédit de 1 milliard de dollars jugée «indispensable» au bon fonctionnement des opérations. La situation était devenue critique une semaine plus tard avec le gel de l’intégralité des financements.

(ATS)

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