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CrisePetroplus est au bord de la faillite

Les négociations menées avec les créanciers du raffineur basé à Zoug, propriétaire notamment de la raffinerie de Cressier (NE), n'ont pas abouti.

La raffinerie de Petroplus à Cressier.

La raffinerie de Petroplus à Cressier.

Reuters

Le groupe de raffinage Petroplus a annoncé mardi qu'il se prépare à la mise en faillite en Suisse de la société et de ses filiales à l'étranger, en raison de l'échec des négociations avec ses créanciers.

"Les négociations avec les créanciers concernant le crédit renouvelable n'ont pas porté leurs fruits", a-t-il précisé dans un communiqué.

Le groupe, qui emploie 2500 personnes en Europe, va par conséquent demander la mise en faillite ou le sursis concordataire en Suisse et pour ses filiales à l'étranger.

"Pendant les dernières semaines, Petroplus a été en négociations avec ses créanciers pour rouvrir les lignes de crédit nécessaires au maintien des opérations et pour répondre aux obligations financières", a poursuivi le raffineur, qui était également à la recherche de nouvelles sources de financement.

En défaut de paiement

En raison de l'échec des négociations, un administrateur judiciaire a notamment été nommé pour les actifs du groupe au Royaume-Uni.

Selon le raffineur, cette situation équivaut à "une situation de défaut de paiement" pour les 1,75 milliard de dollars (1,62 milliard de francs) de dette qu'a cumulé la société.

"Nous avons durement travaillé pour éviter ce résultat, mais nous n'avons finalement pas été en mesure de conclure un accord avec nos créanciers", a précisé le directeur général de Petroplus, Jean-Paul Vettier.

"Nous sommes entièrement conscients de l'impact que cela aura sur nos employés, leurs familles et les communautés où nous avons été actifs", a-t-il ajouté.

Début de démantèlement

Le groupe a été contraint vendredi de commencer son démantèlement, avec la mise en vente de sa raffinerie de Petit-Couronne, près de Rouen en France.

Petroplus, qui possède cinq raffineries en Europe et produisait environ 667'000 barils par jour, réfléchit à la mise en vente de deux autres sites, à Cressier, dans le canton de Neuchâtel, et à Anvers, en Belgique.

Selon les analystes de la Banque cantonale de Zurich (ZKB), la mise en faillite représente "le pire scénario possible pour la société".

Dans l'immédiat, il sera difficile d'évaluer combien les actionnaires de Petroplus vont pouvoir récupérer après la mise en faille du groupe, en raison du "flou" qui entoure la situation de Petroplus, ont-ils ajouté dans une note.

Lundi, Petroplus, dont le siège est à Zoug, avait demandé la suspension de son action cotée à la Bourse suisse, dans l'attente d'un communiqué.

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