03.08.2020 à 06:57

Formule 1Peur sur Silverstone

Les deux Mercedes et la McLaren de Carlos Sainz ont subi une crevaison au cours des trois derniers tours du Grand Prix d’Angleterre. Et ça risque d’être pire encore le week-end prochain!

par
Luc Domenjoz

Tout le monde le sait, le circuit de Silverstone s’avère l’un des plus exigeants de la saison envers ses pneus. Il y a sept ans, on avait dénombré près de dix crevaisons au cours du Grand Prix d’Angleterre 2013, dont quatre avaient vu le pneu arrière gauche exploser littéralement.

L’épidémie de crevaisons inquiète le paddock

À l’époque, les organisateurs avaient hésité à arrêter la course dès le 20e tour en raison du risque d’accident. De retour au paddock, plusieurs pilotes s’étaient montré très fâchés contre Pirelli, qui fournissait déjà les pneus des Formule 1 à cette époque.

Ce week-end, c’étaient les pneus avant gauche qui ont été l’objet de crevaisons. Valtteri Bottas (Mercedes) en a été victime au 50e tour, Carlos Sainz (McLaren) au 51e et Lewis Hamilton (Mercedes) au 52e et dernier tour. «On sait bien que ce circuit entraîne des charges énormes sur le pneu avant gauche», expliquait Toto Wolff, le patron de Mercedes, dimanche soir. «Pendant la course, nous avions repéré visuellement que beaucoup de pneus avant gauche étaient abîmés chez nos concurrents, depuis le milieu du relais en pneus durs.»

Profitant d’une apparition de la voiture de sécurité, les pilotes avaient chaussé ces pneus à 40 tours de la fin déjà, ce qui était nettement plus tôt que prévu. À l’évidence, un tel relais était trop long pour les gommes amenées par Pirelli. «À la fin de la course, il ne restait pratiquement plus de gomme du tout sur la plupart des pneus, constate Toto Wolff. Ce qui les rendait nettement plus fragiles. Mais nous allons retenir la leçon: à l’avenir, nous changerons les gommes par sécurité si nous avons assez de marge sur nos concurrents pour le faire sans perdre de position.»

Pirelli pimente encore les choses

C’est ainsi que Max Verstappen s’est arrêté au cours de l’avant-dernier tour. Avec les pneus neufs qui lui ont été montés, le Hollandais a signé le record de la course tout en se protégeant d’une éventuelle crevaison.

Le week-end prochain sera celui de tous les dangers pour les pneus. Pirelli a déjà annoncé que la marque allait proposer des mélanges plus tendres que ceux de ce week-end, histoire de pimenter le spectacle. La météo annonce un temps nettement plus chaud dimanche prochain. Les écuries devront donc se montrer très prudentes si elles ne veulent pas risquer une nouvelle série de crevaisons au cours du Grand Prix du 70e anniversaire, dimanche prochain sur le même circuit.

Hulkenberg à un boulon du bonheur

Quelle malchance! Il avait été licencié par Renault en fin de saison dernière, et il n’attendait que l’opportunité de grimper dans le baquet d’une Formule 1.

Jeudi, Nico Hulkenberg avait enfin reçu le coup de fil tant espéré pendant des mois. Suite au test positif de Sergio Perez au Covid-19, l’écurie Racing Point avait demandé à l’Allemand de remplacer le Mexicain à Silverstone.

Les essais du vendredi et les qualifications se sont très bien passés, et l’Allemand, 13e sur la grille, attendait impatiemment ce nouveau départ dans sa carrière.

Malheureusement, un problème extrêmement rare a empêché l’écurie de démarrer le moteur de sa Racing Point au moment de quitter les garages, avant la course. «Il semble qu’un boulon se soit détaché à l’intérieur du compartiment de boîte de vitesses», a expliqué Otmar Szafnauer, le patron de l’écurie, dimanche soir. «Ce boulon est allé se balader dans le compartiment, s’est coincé quelque part et a empêché le démarrage du moteur. Ça n’est vraiment pas de chance.»

Chez Racing Point, le moteur et la boîte de vitesses sont fournis par Mercedes, l’écurie n’est donc pas responsable du problème.

Pour Nico Hulkenberg, c’était vraiment la poisse, d’autant qu’il n’est pas sûr de rouler le week-end prochain, sur ce même circuit de Silverstone: l’écurie a en effet demandé aux autorités britanniques de libérer Sergio Perez de sa quarantaine, le Mexicain ayant été testé positif alors que les lois locales limitaient les quarantaines à sept jours - la loi a passé à dix jours le lendemain, ce qui laisse l’écurie espérer que son pilote mexicain bénéficie puisse sortir de quarantaine dès jeudi prochain.

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3 commentaires
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Etasseur

03.08.2020 à 08:55

Je m'inquièterais pas trop pour Hamilton qui vient de remporter une course malgré un pneu crevé