Coronavirus: Pfizer teste son vaccin sur les femmes enceintes
Publié

CoronavirusPfizer teste son vaccin sur les femmes enceintes

Pas présentes dans les panels qui ont servi à mettre au point les vaccins, les futures mères doivent savoir si le produit est efficace et inoffensif pour elles et leur bébé. Les essais commencent.

par
Michel Pralong
En Israël, où la vaccination atteint des taux records, certaines femmes enceintes ont déjà choisi de se faire vacciner.

En Israël, où la vaccination atteint des taux records, certaines femmes enceintes ont déjà choisi de se faire vacciner.

AFP

Les femmes enceintes font partie des groupes à risque face au coronavirus. Pas tant parce qu’elles pourraient transmettre le virus à leur bébé, mais surtout parce qu’elles peuvent avoir elles-mêmes des symptômes sévères. Qui peuvent nécessiter qu’elles soient ventilées ou soignées aux soins intensifs, risquant alors une mise au monde prématurée de leur enfant. Pourtant, le vaccin ne leur est pas recommandé, en Suisse non plus. Dans certains pays où elles ont la possibilité logistique de le recevoir, comme en Israël où la vaccination de la population est massive, il appartient toutefois aux femmes enceintes de choisir si elles veulent se faire vacciner ou non.

Si la prudence est de mise, ce n’est pas en raison de possibles effets secondaires néfastes que le vaccin pourrait avoir sur cette catégorie de population, mais justement parce qu’on ignore s’il en a ou pas. Il n’y a pas eu de tests cliniques effectués sur les femmes enceintes, les laboratoires ayant dû parer au plus pressé pour mettre au point leurs produits.

4000 volontaires

Aujourd’hui que les vaccins sont au point, les fabricants peuvent pousser leurs recherches plus loin. Pfizer et BioNTech viennent d’annoncer lancer un essai clinique de leur vaccin sur les femmes enceintes, selon ABC. Pour cela, 4000 volontaires qui sont entre les semaines 24 et 34 de leur grossesse vont être recrutées. Toutes devront être âgées d’au minimum 18 ans et être en bonne santé. Ces tests seront effectués aux États-Unis, au Canada, en Argentine, au Brésil, au Chili, au Mozambique, en Afrique du Sud, au Royaume-Uni et en Espagne. La moitié des patientes recevra le vaccin, l’autre un placebo.

Les vaccinées recevront deux doses à 21 jours d’intervalle. Toutes seront suivies pendant au moins 7 à 10 mois afin de surveiller leur santé mais aussi, évidemment celle de leur bébé. Ces derniers seront également testés jusqu’à leurs 6 mois, afin de vérifier si les anticorps de la mère leur ont été transmis. Après l’accouchement, les femmes qui ont reçu le placebo en seront informées afin qu’elles puissent réellement se faire vacciner si elles le souhaitent.

Le but de cette étude est évidemment de voir si, en raison de leur physiologie différente vu leur état, le vaccin actuel peut avoir des effets sur elles qu’il n’a pas sur les autres femmes. S’assurer de son innocuité et de son efficacité est essentiel pour rassurer les femmes enceintes afin qu’elles puissent se faire vacciner sereinement.

Test sur des enfants dès 6 ans

D’autres tests sont en cours sur des catégories de la population qui étaient jusqu’à présent exclues des critères pour recevoir le vaccin. Notamment les enfants. N’ayant que peu ou pas de symptômes s’ils contractent le coronavirus, ils n’avaient pas été la priorité des chercheurs. Et vu le calendrier des vaccinations, ils ne sont pas près de recevoir une injection s’ils ne sont pas à très fort risque. Mais là aussi, les choses bougent.

L’Université d’Oxford (GB) a annoncé il y a peu un essai clinique du vaccin AstraZeneca sur 300 volontaires de 6 à 17 ans. Pfizer et Moderna ont également lancé des études de leur produit sur des enfants de 12 ans et plus. Johnson & Johnson ainsi que Novavax comptent également le faire prochainement. Les premiers résultats ne sont toutefois pas attendus avant la fin de l’été.

Les protéger du syndrome inflammatoire

Vacciner les enfants est important. Non seulement dans l’optique d’une future immunité collective et pour freiner la propagation de la pandémie, mais également parce que, malgré tout, certains enfants sont atteints d’affections graves liées au coronavirus, comme le syndrome inflammatoire multisystémique. Si le vaccin est efficace chez les enfants et empêche la maladie de se développer, il y a de fortes chances pour qu’il diminue voire élimine le risque que ce syndrome apparaisse.

Votre opinion