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EspacePhilae a repris contact avec la Terre

Le robot Philae, après s'être correctement séparé de la sonde Rosetta, a repris contact avec la Terre.

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Philae, le héros interplanétaire, a fêté le 12 novembre 2015 sa première bougie sur la comète «Tchouri» mais il ne donne plus signe de vie depuis le 9 juillet. (8 décembre 2015)

Philae, le héros interplanétaire, a fêté le 12 novembre 2015 sa première bougie sur la comète «Tchouri» mais il ne donne plus signe de vie depuis le 9 juillet. (8 décembre 2015)

AFP
De l'oxygène a été découvert dans l'atmosphère de la comète Tchouri par des chercheurs de l'Université de Berne. (Mercredi 28 octobre 2015)

De l'oxygène a été découvert dans l'atmosphère de la comète Tchouri par des chercheurs de l'Université de Berne. (Mercredi 28 octobre 2015)

Keystone
Quatre molécules organiques détectées sur la comète Tchouri entrent dans une chaîne d'évolution chimique pouvant aboutir à la formation de briques élémentaires de la vie, ont annoncé les chercheurs à la tête du projet. (Jeudi 30 juillet 2015)

Quatre molécules organiques détectées sur la comète Tchouri entrent dans une chaîne d'évolution chimique pouvant aboutir à la formation de briques élémentaires de la vie, ont annoncé les chercheurs à la tête du projet. (Jeudi 30 juillet 2015)

Keystone

La liaison entre la sonde Rosetta et le robot Philae, qui a entamé sa longue et lente descente en chute libre vers la comète Tchouri, a été rétablie, a annoncé ce mercredi 12 novembre à la mi-journée l'Agence spatiale européenne (ESA). La confirmation de l'atterrissage de Philae est attendue vers 17 heures.

«Rosetta reçoit un signal de Philae», a confirmé Paolo Ferri, chef des opérations au Centre européen d'opérations spatiales (ESOC) de l'ESA (Agence spatiale européenne) à Darmstadt, en Allemagne. «C'est un moment très important», a-t-il ajouté.

Quelques instants auparavant, on avait pu voir Andrea Accomazzo, directeur de vol de la mission Rosetta à l'ESOC, lever le poing en signe de victoire dans la salle de contrôle de l'ESOC. «Tout semble normal pour le moment», a déclaré de son côté Stephan Ulamec, responsable de l'atterrisseur Philae au DLR (agence spatiale allemande).

La liaison entre Rosetta et son atterrisseur Philae a été rétablie comme prévu environ deux heures après leur séparation. Le robot va passer sept heures en chute libre avant de tenter de se poser sur le noyau de la comète Tchourioumov-Guérassimenko.

L'aventure semée d'embuches de Philae se déroule à 511 millions de km de la Terre. La comète, escortée par Rosetta, file à 18 km/seconde. Philae descend vers elle à une vitesse de 1 mètre/s, soit 3,5 km/h.

Un problème détecté durant la nuit

Le train d'atterrissage était censé s'ouvrir peu après la séparation: les jambes de Philae, repliées le long de la plateforme depuis plus de 10 ans, doivent se déplier en prévision de son arrivée sur la comète.

Un problème avait été détecté pendant la nuit sur le système d'atterrissage complexe de Philae, mais cela n'a pas empêché les experts de donner le feu vert au largage.

L'un des risques est en effet que Philae, qui pesait 100 kg sur Terre, mais seulement un gramme dans l'espace, ne rebondisse au contact du sol cométaire. Il a donc été conçu pour être à la fois plaqué au sol par l'émission d'un gaz et s'ancrer en profondeur grâce à deux harpons.

Mais le système d’émission de gaz «semble ne pas devoir fonctionner», a indiqué Stephan Ulamec. "Nous devrons compter entièrement sur les harpons", a-t-il expliqué. Ils peuvent en principe s'ancrer jusqu'à 2,5 m de profondeur.

L'atterrissage, un défi technologique

A l'inverse, Philae pourrait aussi s'enfoncer dans le sol apparemment meuble de la comète.

La liaison entre Philae et Rosetta, qui lui servira de relais dans ses communications avec la Terre, devrait être rétablie environ deux heures après la séparation.

Le robot va passer sept heures en chute libre avant de tenter de se poser sur le noyau de la comète Tchourioumov-Guérassimenko. Le site retenu pour cet atterrissage périlleux, baptisé Agilkia, est une zone d'environ 1 km2 située sur le petit lobe du noyau de la comète.

L'atterrissage représente un véritable défi technologique. Le petit robot va devoir se poser sur une comète très peu «coopérative», à la forme torturée et au relief accidenté, et alors même que la nature du sol reste une inconnue.

Confirmation vers 17 heures

Si Philae arrive à s'ancrer comme prévu, et s'il parvient à communiquer avec Rosetta, la confirmation du premier atterrissage jamais réalisé sur une comète devrait parvenir sur Terre vers 17 heures, avec une plage d'incertitude d'une quarantaine de minutes.

«Maintenant il faut s'en remettre aux lois de la physique (...) Je n'ai plus d'ongles à ronger de toute façon», a lancé Mark Mc Caughrean, conseiller scientifique à l'ESA.

Le point le plus critique est l'atterrissage lui-même, a souligné Stephan Ulamec, responsable de l'atterrisseur Philae au DLR (agence spatiale allemande).

Rosetta a parcouru 6,5 milliards de km depuis son lancement en 2004 pour rejoindre Tchouri, dans un environnement particulièrement rude.

«On sait bien que c'est une entreprise risquée, mais l'enjeu est tellement fort», a déclaré Jean-Pierre Bibring, responsable scientifique de l'atterrisseur.

Aux origines du système solaire

Il s'agit de rien moins que de tenter de remonter aux origines du système solaire, voire de comprendre l'apparition de la vie sur Terre.

Si tout se passe comme prévu, le petit robot et ses 10 instruments se mettront immédiatement au travail pour un programme scientifique intensif de deux jours et demi, Philae fonctionnant alors sur ses piles.

Au-delà, c'est un second système de batterie, rechargeable par de petits panneaux solaires, qui prendra la relève.

Philae devrait fonctionner jusqu'en mars, condamné à mourir «de chaud» quand la comète se rapprochera du soleil.

Mais, quel que soit le sort du petit robot téméraire, l'aventureuse Rosetta poursuivra son escorte de la comète au moins jusqu'à ce qu'elle passe au plus près de l'astre, en août prochain.

Suivez l'atterrissage en live dès 15h30

Le fil Twitter de Philae

(AFP)

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