Hockey sur glace: Philipp Kurashev, la surprise du chef
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Hockey sur glacePhilipp Kurashev, la surprise du chef

Le joueur de centre a débarqué sur la pointe des pieds en équipe de Suisse mais compte bien être de la partie lors du mondial en Slovaquie.

par
Grégory Beaud
Keystone

Mardi dernier, lors du rassemblement à Genève, un sac détonnait parmi les autres. Entre les bagages estampillés HC Ambri-Piotta ou au nom des joueurs «habituels», il y en avait un des Remparts de Québec, club de Ligue du hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). Mais à qui pouvait-il bien appartenir puisqu'aucun sélectionné n'y évoluait. La réponse a été donnée lors des premiers coups de patin de l'entraînement: Philipp Kurashev. Le joueur de centre a été rappelé «à la der'» par Patrick Fischer.

La libération de son club, les Chicago Blackhawks, n'est arrivée que quelques minutes avant l'entrée sur la glace. «C'est une situation spéciale, nous a confié le néophyte. J'attendais vraiment cette première chance.»

Âgé de 19 ans, il fait partie des plus jeunes de la sélection nationale. C'est donc l'un des derniers à quitter la glace après avoir ramassé les pucks. Cheminement logique pour faire sa place petit à petit dans un groupe. Mais malgré ce statut de «petit jeune», il a un vrai rôle à jouer. La blessure du Davosien Enzo Corvi, un centre, lui a permis de recevoir sa convocation au terme d'une saison qui l'a vu signer son premier contrat professionnel avec les Chicago Blackhawks. En mars dernier, la franchise de l'Illinois lui a fait signer un contrat de trois ans selon l'échelle salariale réservée aux rookies.

Les conseils de Patrick Roy

Cela fait désormais trois saisons que Philipp Kurashev évolue au sein de l'organisation des Remparts de Québec. Meilleur compteur à deux reprises, il a profité de l'arrivée de la légende Patrick Roy pour progresser encore lors de la dernière saison. L'ancien gardien, coéquipier de David Aebischer à Colorado, a entraîné durant trois saisons l'Avalanche avant de revenir à Québec, club dont il était le propriétaire entre 1997 et 2014. Un mentor pour l'espoir du hockey suisse. «Pouvoir côtoyer un entraîneur qui possède un tel palmarès et une telle expérience, c'est une chance inestimable, a-t-il apprécié. J'ai eu l'impression de m'améliorer chaque jour à ses côtés.»

Drafté l'an dernier au 4e tour (120e position), il semble figurer dans les plans d'une équipe en pleine reconstruction. «Avec le club, nous avons établi un programme concernant mon développement, détaille-t-il. Je sais que je dois devenir un joueur dominant tant offensivement que défensivement. Physiquement, je vois que ma progression est continue. J'ai l'impression que le chemin est le bon.» Déjà doté d'un joli gabarit (1m83 pour 87 kilos), il possède également de bonnes mains et un sens du jeu au-delà de la moyenne. Sa capacité à générer de la vitesse sur deux coups de patin vient couronner le tout. Bref, l'arsenal du parfait joueur moderne.

Premier but à Sierre

Vendredi dernier, il a porté le maillot de l'équipe de Suisse «des grands» pour la première fois de sa carrière. Habitué des sélection juniors, l'ancien espoir de Berne et Davos a déjà disputé quatre mondiaux. Deux avec les M18 et autant les M20. Lors de son dernier tournoi international, il a activement participé à la qualification de la Suisse pour les demi-finales avec six buts à son compteur. Des prestations étincelantes et une justesse qui ont fait merveille.

«C'est un joueur intelligent et je suis convaincu qu'il peut nous apporter beaucoup», a loué Patrick Fischer. Flanqué de Grégory Hofmann et Andres Ambühl, il a fait briller le premier nommé avec une passe décisive sur le 1-0 avant d'inscrire lui-même le 6-0 pour son premier but à ce niveau. Dès lors, il n'est pas utopique d'imaginer Philipp Kurashev s'envoler pour la Slovaquie d'ici une dizaine de jours. «Maintenant que je suis là, je compte bien y rester, rigole-t-il. »

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