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Manifestation pro-GripenPhilipp Müller: «Nous ne sommes pas les black-block»!

L'action pro-Gripen jeudi des présidents des quatre partis bourgeois (UDC, PLR, PDC et PBD) sur la Place fédérale pourrait ne pas rester sans conséquence: la police municipale du commerce envisage de porter plainte.

Le président du PLR accepterait une éventuelle amende de la ville de Berne.

Le président du PLR accepterait une éventuelle amende de la ville de Berne.

Keystone

«J'ignorais qu'une telle autorisation était nécessaire pour les parlementaires», a indiqué à l'ats le président du PDC Christophe Darbellay qui se dit vexé par l'attitude de la Ville. La manifestation était organisée par le PLR, a-t-il précisé.

Son président, Philipp Müller n'a pas donné d'indications concernant l'organisation. Il déplore en revanche l'attitude de la municipalité bernoise: «C'est dommage que la Ville n'ait rien d'autre à faire que de porter plainte», a-t-il regretté.

«Nous ne sommes pas les black block»

En tant que politiciens, nous sommes régulièrement abordés par des militants qui manifestent sur la Place fédérale, sans que la Ville n'ait donné son feu vert, rappelle-t-il. D'après lui, les conditions d'octroi ne sont pas les mêmes pour tous.

La Ville tolère en effet des exceptions au cas par cas et rien n'empêche des manifestations spontanées, comme à l'occasion d'une élection. De manière générale, la capitale helvétique est un haut-lieu des manifestations, dont de nombreuses se déroulent sans autorisation.

«Plainte exagérée»

C'est dommage que cette petite action soit mise au même rang qu'une mobilisation agressive, estime Philipp Müller. «J'accepterai une éventuelle amende de la Ville de Berne», a-t-il toutefois tempéré.

Et Christophe Darbellay d'ironiser sur Twitter: «Nous sommes plus civilisés que les 'black block'». Cette plainte est exagérée, a-t-il abondé.

Toutes sortes d'organisations distribuent leurs flyers devant la Coupole pendant la session, a-t-il également expliqué à l'ats. Ce dernier compte d'ailleurs se renseigner auprès de son collègue de parti et directeur de la sécurité à Berne Reto Nause. La municipalité ne devrait pas en faire tout un pataquès, a-t-il asséné.

Action à caractère politique

Vu le caractère politique de l'action et l'appel à voter en faveur du Gripen dimanche prochain, il ne fait aucun doute pour Marc Heeb qu'il s'agissait d'une manifestation.

Pour donner une certaine visibilité à leur action, les quatre présidents de partis sont montés sur une nacelle qui s'est élevée d'environ cinq mètres au-dessus du sol. Une grosse affiche en faveur de l'appareil militaire s'est alors déployée.

«Nous ne portons pas plainte pour rien», a-t-il poursuivi. Le responsable de la plainte en fin de compte c'est le plaignant, donc lui. La plainte devrait être rédigée dans les semaines qui viennent.

D'après Marc Heeb, - en charge des manifestations à la police du commerce depuis 13 ans -, Reto Nause a eu connaissance qu'une telle plainte était envisagée. En raison d'une séparation claire des pouvoirs, les autorités politiques n'ont cependant pas à se prononcer sur les plaintes, a-t-il expliqué.

Quid de l'organisateur

Selon lui, il arrive fréquemment que la police du commerce doive sanctionner des rassemblements organisés sans autorisation à Berne. Dans ce cas de figure, il n'est pas encore certain que la plainte soit adressée aux quatre présidents de partis.

«Si un organisateur se prononce et assume la responsabilité, la plainte sera dirigée contre lui», a-t-il précisé. A l'heure actuelle cependant, il considère les quatre chefs de partis comme les initiateurs et acteurs de la manifestation.

(ats)

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