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Hockey sur glacePhilippe Bozon: «Tout ça me mine»

Premier Français à avoir évolué en NHL, joueur dur au mal par excellence, Philippe Bozon a un riche passé de hockeyeur. Son présent d’entraîneur tranche avec.

«Je n’ai pas été engagé à Sierre pour donner mon entraînement durant une heure et demie, prendre ma douche, puis me casser pour aller profiter des beautés du Valais. Bien sûr que tout ça me mine.» Tout ça? Philippe Bozon évoque la misère dans laquelle s’ébat «son» club, qui voit ses chances d’accéder aux play-off se réduire comme peau de chagrin. «En perdant contre Thurgovie, nous avons touché le fond. A nous de rebondir, et vite.» Vœu pieux, vu la tournure prise par les événements?

Choc psychologique éphémère

En novembre, lorsqu’il prenait la place de Morgan Samuelsson, l’ancien attaquant ne s’attendait pas à devoir porter à bout de bras, un mois et demi plus tard, la «lanterne rouge» de LNB. Six unités récoltées en 13 parties (dont les deux dernières en date acquises miraculeusement face à Grasshopper alors que Sierre perdait 5-0 à 16 minutes de la fin), voilà qui flirte avec le rien du tout. «Je n’ai jamais accepté la défaite en tant que joueur, alors imaginez ce que je vis actuellement», soupire un homme dont la réputation était celle du guerrier ultime quand il bataillait sur l’aire de jeu. Hélas pour lui, il ne fait pas taire un constat souvent dressé suite au licenciement d’un coach (même s’il ne tient pas forcément cette saison, voir infographie): le choc psychologique qui suit est éphémère.

«Quand on a un caractère comme le mien, c’est une situation très compliquée à vivre. Ça me ronge. Je n’en dors plus beaucoup la nuit, tout comme les responsables du club, je pense. J’ai parfois l’impression que les joueurs n’ont pas conscience de la gravité de la situation, qu’ils s’ébattent dans un environnement trop confortable.» Et Philippe Bozon de lâcher: «Si nous vivons ce que nous sommes en train de vivre, ce n’est pas par hasard, ce n’est pas anodin. Par rapport à ma dernière station en tant que coach (ndlr: Lugano, où il a été remercié fin novembre 2010), il y a des similitudes.»

Quelles capacités de coach?

Lesquelles? Le technicien, peinant pour l’heure a se bâtir un palmarès digne de celui du joueur qu’il était, les garde pour lui. Ses doutes sur ses réelles capacités de coach, par contre, il les partage. «Bien sûr que je me pose des questions. L’autocritique a toujours fait partie de ma vie, elle m’a aidé à aller de l’avant. En tout cas, soyez sûr que je ne lâcherai rien.»

Que du blabla

Réunions d’équipe, palabres en compagnie des dirigeants du club, repas pris en commun pour tenter de ressouder les liens, tout ça a déjà été mis sur pied. Sans succès. «Finalement, ce n’est que du blabla. Or il n’y a que la vérité de la glace qui compte.» De quelle nature sera-t-elle, ce soir à Graben, devant le dernier carré de fidèles du club? Réponse vers 22 h 15.

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