Coup de fil: Philippe Nantermod: «J'assume le fait de m'être trompé»
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Coup de filPhilippe Nantermod: «J'assume le fait de m'être trompé»

Sur Twitter, le conseiller national PLR valaisan a été pris en contradiction en avançant un argument, à propos de la votation sur la loi sur les jeux d’argent, contre lequel il avait voté à Berne l'an passé. Interview.

par
Frederic Nejad Toulami
Selon le conseiller national, il s'agit d'une erreur de vote.

Selon le conseiller national, il s'agit d'une erreur de vote.

Laurent Crottet

Vous votez souvent sans comprendre le sujet?

En principe je comprends ce sur quoi je vote. Et j’assume le fait de m’être trompé car les bulletins sont parfois compliqués au Conseil national. Le problème est qu’il arrive que l’on vote de manière groupée sur un ensemble d’articles. Et celui précis que l’on voulait combattre est alors noyé dans le tas. L’erreur est humaine, je l’assume aussi.

Mais un tel aveu relève de la naïveté ou c’est un outil de campagne?

Ce n’est pas la première fois que ça arrive, à moi ou à d’autres élus, de se tromper au moment de voter au Parlement. Cela a déjà été le cas pour le vote du budget lors de ma première session car je n’avais pas bien compris le mécanisme. Il faut savoir que nous avons des milliers de votes chaque année. Dans le feu de l’action, parfois, des députés se trompent.

Vous êtes plutôt considéré comme un ultralibéral sur la scène politique. Pourquoi vous opposez-vous à l’exonération fiscale des gains des jeux?

J’aimerais qu’un jour on m’explique ce que signifie «ultralibéral». Personnellement, je suis un pur libéral-radical et non un ultralibéral. Je défends un État respectueux des libertés individuelles. Et je ne souhaite pas l’abolition d’un État qui remplit bien ses tâches, dont le soutien des plus faibles. Vous m’aurez rarement vu voter pour supprimer une assurance sociale. Or il s’agit ici d’un domaine particulier: les jeux d’argent, avec des risques sociaux dramatiques. Depuis que je siège à Berne, la première fois que l’on introduit une exonération, c’est pour ceux qui se ruinent dans les jeux.

Ne pourrait-on pas mieux renforcer la lutte contre l’addiction aux jeux en la finançant davantage avec l’argent des jeux?

En effet. J’ai d’ailleurs voté en faveur d’une proposition de la gauche pour que 0,5% des gains des casinos soient attribués à cela. Mais ça a été refusé par la majorité des députés. Et je pense d’ailleurs désormais que l’on devrait carrément supprimer les Tactilo, qui ne répondent qu’à une demande assez moche de jeux addictifs.

Grâce à cette campagne où vous combattez l’interdiction des jeux étrangers en ligne, votre profil social est mis en avant?

Peut-être, pour ceux qui ne me connaissent pas bien. Dans mon engagement politique, les questions sociales ne sont pas mises de côté. Mais en tant que libéral, on a tendance à vouloir me caricaturer.

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