Lobby: Philippe Nantermod s'excuse avant d'avoir commencé

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LobbyPhilippe Nantermod s'excuse avant d'avoir commencé

A la suite de l'émission «Infrarouge», attaqué par Pierre-Yves Maillard, le PLR valaisan renonce à faire partir au Groupe de réflexion santé du Groupe Mutuel. Et aux 10 000 francs qui vont avec. Une bombe chez les lobbyistes.

par
Eric Felley
Le revirement du vice-président du PLR Philippe Nantermod (PLR/VS) dans «Infrarouge», mercredi soir sur RTS1, est salué.

Le revirement du vice-président du PLR Philippe Nantermod (PLR/VS) dans «Infrarouge», mercredi soir sur RTS1, est salué.

Capture écran RTS/Infrarouge

C'est une longue liste de commentaires qui félicitent depuis hier le vice-président du PLR Philippe Nantermod (PLR/VS). Après l'émission «Infrarouge», où il a été pris à partie par le conseiller d'Etat vaudois Pierre-Yves Maillard, il fait un mea culpa: «J'ai commis une erreur, écrit-il sur Facebook, en acceptant l'invitation pour un groupe de réflexion rémunéré pour une assurance-maladie. Dans ces conditions, j'ai décidé de renoncer. Je n'entrerai pas dans ce groupe qui compte une dizaine de parlementaires fédéraux.»

Sa déclaration est saluée par quelques 350 réactions quasi unanimes à apprécier son revirement et sa probité retrouvée. Finalement, il ne l'avait jamais perdue, puisqu'il n'avait encore rien touché du Groupe Mutuel, l'assureur concerné.

Ce n'est pas la première fois que le groupe valaisan est critiqué pour son fameux «Groupe de réflexion». Raymond Clottu (Ind./UDC) s'était déjà fait épingler pour une somme de quelque 4000 francs pour quatre séances par année.

Le conseiller aux Etats Yvo Bischofberger (PDC/AI) avait lui aussi déclaré une somme similaire. Ici on parle de 10 000 francs pour quatre séances avec les dirigeants du groupe. Parmi les invités on trouve aussi, en Suisse romande, Olivier Français (PLR/VD) et Céline Amaudruz (UDC/GE).

Sauf à gauche, le Groupe Mutuel picore dans tous les partis, PDC ; UDC et PLR, mais aussi au PBD et chez les Verts libéraux. Philippe Nantermod, qui porte tout de même le titre de vice-président du PLR suisse, estime donc que cette situation n'est pas tenable. Pour la première fois, un élu bourgeois ne se cache pas derrière les contingences du milicien, mais admet que toucher 10 000 francs pour quatre séances à prendre des notes sur la politique du Groupe Mutuel, ce n'est pas du boulot ! Il va même jusqu'à présenter des « excuses » pour les mauvaises intentions qu'il a eues en voulant rejoindre ce groupe.

Son revirement amène en tout cas de l'eau au moulin de l'initiative du PS, qui veut mettre de l'ordre dans les mandats des parlementaires au sein des caisses. Il semble aussi que l'affaire Maudet à Genève et la problématique pénale de « l'obtention d'un avantage » fasse aussi réfléchir les parlementaires sur les mandats de miliciens qu'ils acceptent.

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