Actualisé 07.01.2020 à 18:50

Nouvelles négociations après un mois de grève

Retraites en France

Après plus d'un mois de grève contre la réforme des retraites, le gouvernement français a repris ce mardi un nouveau round de concertations.

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L'Assemblée a rejeté mardi soir les motions de censure de droite comme de gauche opposées à Edouard Philippe et son recours au 49-3 pour faire passer la réforme des retraites. Cette dernière est de facto adoptée en première lecture. (Mardi 3 mars 2020)

L'Assemblée a rejeté mardi soir les motions de censure de droite comme de gauche opposées à Edouard Philippe et son recours au 49-3 pour faire passer la réforme des retraites. Cette dernière est de facto adoptée en première lecture. (Mardi 3 mars 2020)

AFP
Édouard Philippe a dégaîné samedi le 49-3, engageant la responsabilité du gouvernement pour faire adopter le texte sur la réforme des retraites sans vote à l'Assemblée Nationale. (Dimanche 1er mars 2020)

Édouard Philippe a dégaîné samedi le 49-3, engageant la responsabilité du gouvernement pour faire adopter le texte sur la réforme des retraites sans vote à l'Assemblée Nationale. (Dimanche 1er mars 2020)

AFP
Les manifestations contre la réforme des retraites a attiré moins de 100'000 personnes, en France. (Jeudi 20 février 2020)

Les manifestations contre la réforme des retraites a attiré moins de 100'000 personnes, en France. (Jeudi 20 février 2020)

AFP

Gouvernement, syndicats et patronat ont repris mardi les négociations en France. Ils doivent tenter de sortir du conflit sur la réforme des retraites entré mardi dans son 34e jour, mais ont déjà globalement campé sur leurs positions.

Après une rencontre au ministère du Travail, le premier ministre Edouard Philippe a proposé de réunir les partenaires sociaux dès vendredi pour discuter des aspects financiers du projet. Le premier syndicat du pays, la CFDT, avait appelé à une telle «conférence de financement», souhaitant disjoindre la réforme de fond - système universel et à points - des mesures prises pour financer les retraites, comme le recul de facto de l'âge de départ avec une retraite à taux plein.

L'idée d'une telle conférence «est bonne mais nous devons nous mettre d'accord sur le mandat de cette conférence de financement, sur le délai qui lui sera accordé pour aboutir ou dégager des solutions consensuelles», a déclaré le premier ministre.

L'exécutif reste déterminé à mener à bien cette réforme pour aboutir à un système de retraite universel et par points, alors qu'aujourd'hui coexistent 42 régimes différents. Mais il a aussi prévu d'instaurer un «âge pivot» - 64 ans - pour inciter financièrement les Français à travailler au-delà de l'âge légal de départ à la retraite, actuellement fixé à 62 ans.

«Une volonté d'ouverture»

La CFDT, qui soutient le principe général de la réforme, est fermement opposée à ce système de décote/surcote. Et tout en saluant mardi «une volonté d'ouverture», son numéro un Laurent Berger a fixé pour préalable aux futures discussions le retrait pur et simple de cet âge pivot.

La CFDT sera d'ailleurs mobilisée en régions samedi, une des deux dates de manifestations, avec jeudi, choisies par l'intersyndicale à la pointe du mouvement et qui demande, elle, demande le retrait total du projet (CGT, FO, FSU, Solidaires, CFE-CGC et organisations de jeunesse).

La grève contre la réforme a d'ores et déjà atteint une durée inégalée, dépassant le précédent record de 28 jours consécutifs, établi en 1986-87. Au sein de la compagnie ferroviaire SNCF, le conflit est le plus long depuis sa création en 1938.

D'après différents sondages, le soutien à la grève s'est érodé après les fêtes de fin d'année, mais entre 44% (sondage Ifop) et 60% (Harris Interactive) des Français restent solidaires. Depuis le 5 décembre, elle perturbe principalement la circulation des trains en France et les transports publics en région parisienne, entraînant de nombreuses difficultés pour les usagers.

Concessions

Le gouvernement n'entend pas décaler son projet de loi (comprenant, à ce stade, l'âge pivot). Il sera présenté en Conseil des ministres le 24 janvier et examiné par l'Assemblée à partir du 17 février. Ce calendrier devrait permettre une adoption en première lecture début mars, avant un passage au Sénat. Des concessions ont déjà été faites par l'exécutif à de nombreux corps de métier, comme les policiers, les danseurs de l'Opéra, les marins, les pilotes, etc.

La ministre du Travail Muriel Pénicaud a également promis mardi «des grandes pistes» d'ici à quinze jours concernant la prise en compte de la pénibilité au travail ou l'emploi des seniors, dont le taux d'emploi en France (52% pour les 55-64 ans) reste inférieur à la moyenne européenne. En octobre, la Cour des comptes rappelait que le chômage de longue durée restait un fléau pour les plus de 50 ans.

Avant les journées d'action de jeudi et samedi, la mobilisation se poursuit dans les transports et d'autres secteurs, comme les raffineries dont «huit sur huit ne distribuent plus de produits», selon la CGT-Chimie. Néanmoins, dans les stations service «la situation est quasi normale», a assuré le gouvernement.

Des grévistes de la SNCF (chemins de fer) et de la RATP (transports parisiens) ont manifesté mardi à la mi-journée au siège parisien du gestionnaire d'actifs BlackRock, qui cristallise les critiques des opposants à la retraite par capitalisation.

Raffineries: perturbations sur des sites

La production des raffineries se poursuit et les stations-service sont approvisionnées «normalement», a assuré mardi le gouvernement, malgré les perturbations des expéditions sur certains sites, liées à un appel au blocage contre la réforme des retraites. «Toutes les raffineries de France métropolitaine continuent à produire et cinq raffineries sur sept connaissent des difficultés temporaires dans leurs expéditions», indique le ministère de la Transition écologique et solidaire dans un communiqué, au 34e jour consécutif de grèves.

Le Premier ministre Edouard Philippe avait indiqué mardi avoir demandé aux préfets de mobiliser les forces de l'ordre «pour faire en sorte qu'il n'y ait pas de blocages de dépôts» de carburants ou de raffineries.

«S'agissant des stations-service, la situation est quasi-normale avec plus de 98% des 11'000 stations-service qui ne connaissent aucune difficulté et sont normalement approvisionnées», ajoute le ministère de la Transition écologique.

(ats)

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