Actualisé 27.01.2017 à 06:22

DiplomatiePic de fièvre entre Washington et Mexico

Le président mexicain a annulé sa visite du 31 janvier avec Trump. Ce dernier envisage une taxe sur les produits mexicains pour construire le mur de la discorde.

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Donald Trump s'est attaqué l'une des initiatives les plus emblématiques de son prédécesseur Barack Obama: le rapprochement avec Cuba, entamé fin 2014. Il annonce annuler cet accord «avec effet immédiat» qui consacrait le rapprochement diplomatique des deux pays après plus de 50 ans de gel diplomatique. Il promet «un meilleur accord pour les Cubains». (Vendredi 16 juin 2017)

Donald Trump s'est attaqué l'une des initiatives les plus emblématiques de son prédécesseur Barack Obama: le rapprochement avec Cuba, entamé fin 2014. Il annonce annuler cet accord «avec effet immédiat» qui consacrait le rapprochement diplomatique des deux pays après plus de 50 ans de gel diplomatique. Il promet «un meilleur accord pour les Cubains». (Vendredi 16 juin 2017)

AFP
L'administration Trump a publié sa feuille de route pour diminuer la règlementation bancaire en recommandant notamment un allègement des tests de résistance des grandes banques, selon un rapport publié par le Trésor. (Lundi 12 juin 2017)

L'administration Trump a publié sa feuille de route pour diminuer la règlementation bancaire en recommandant notamment un allègement des tests de résistance des grandes banques, selon un rapport publié par le Trésor. (Lundi 12 juin 2017)

AFP
Donald Trump continue sa guerre contre James Comey, accusant l'ex-chef du FBI  de lâcheté pour avoir fait fuiter à la presse des notes compromettantes sur leurs rencontres privées, (Dimanche 11 juin 2017)

Donald Trump continue sa guerre contre James Comey, accusant l'ex-chef du FBI de lâcheté pour avoir fait fuiter à la presse des notes compromettantes sur leurs rencontres privées, (Dimanche 11 juin 2017)

AFP

Le président des Etats-Unis Donald Trump envisage, entre autres possibilités, la mise en place d'une taxe sur les produits mexicains pour financer la construction d'un mur à la frontière qui a provoqué jeudi un pic de fièvre entre les deux voisins.

En pleine discorde sur ce projet de mur, promesse emblématique du magnat de l'immobilier durant sa campagne, et sur la renégociation de l'accord de libre-échange Aléna, le président mexicain Enrique Peña Nieto a annulé sa visite à Washington, prévue dans moins d'une semaine.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, a évoqué jeudi après-midi à bord de l'avion présidentiel Air Force One, la mise en place d'une taxe de 20%. «En faisant cela, nous pouvons récolter 10 milliards de dollars par an et facilement payer pour le mur grâce à ce seul mécanisme», a-t-il déclaré.

Quelques heures plus tard, il a partiellement fait machine arrière sur ses propos, affirmant qu'il s'agissait seulement d'une proposition parmi d'autres, destinée à illustrer les multiples modes possibles de financement, alors que Donald Trump a promis que Mexico finirait par payer pour le mur, d'une manière ou d'une autre.

«Pas négociable»

Payer pour le mur «n'est pas négociable», a répliqué jeudi le ministre mexicain des Affaires étrangères, Luis Videgaray, lors d'une conférence de presse à Washington. Donald Trump a signé mercredi un décret donnant le coup d'envoi, largement symbolique à ce stade, au projet de construction d'un mur renforcé le long de l'immense frontière avec le Mexique.

Commentant l'annulation de la rencontre avec son homologue mexicain, il a estimé qu'elle aurait été «stérile». La veille, M. Peña Nieto avait condamné l'initiative américaine qui, «au lieu de nous unir, nous divise».

«Nous allons maintenir les lignes de communication ouvertes», a tempéré le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer. Il a aussi proposé de reporter la visite du président mexicain. «Nous allons chercher une date pour programmer quelque chose ultérieurement. Nous allons garder les lignes de communication ouvertes», a-t-il promis.

Républicains sceptiques

L'idée d'une taxe sur les importations a provoqué la consternation des élus attachés au libre-échange, une sensibilité très représentée chez les républicains. «Les tarifs (douaniers) sont une taxe sur les familles américaines», a estimé le sénateur républicain Ben Sasse. Mais dans les couloirs du séminaire annuel des républicains du Congrès, à Philadelphie, on expliquait que l'annonce fracassante correspondait en réalité au grand projet de réforme fiscale qui doit voir le jour en 2017, censé remettre à plat la façon dont les entreprises sont taxées selon qu'elles produisent aux Etats-Unis ou ailleurs.

Le sénateur républicain Lindsey Graham a exprimé, avec une point d'humour, son profond désaccord avec ce projet de l'administration Trump: «Sécurité aux frontières, oui. Taxes aux frontières, non», a-t-il tweeté, rappelant que le Mexique était le troisième partenaire des Etats-Unis et qu'une guerre commerciale serait néfaste pour la croissance ses deux pays.

«Pour faire simple, toute politique entraînant une hausse des prix de la Corona, de la tequila et des margaritas est une très mauvaise idée», a-t-il ajouté, concluant d'un «Mucho Sad».

Aléna dénoncée

Affirmant que l'annulation de la rencontre avait été une décision conjointe, Donald Trump a une nouvelle fois martelé que le peuple américain ne payerait pas pour le mur. «Je l'ai dit clairement au gouvernement du Mexique» a-t-il ajouté.

Dénonçant avec virulence l'accord de libre-échange Aléna (Etats-Unis, Mexique, Canada), il a estimé qu'il avait été «un désastre total» pour son pays. «Je ne laisserai pas les contribuables américains payer pour le coût de cet accord défectueux qui aurait dû être renégocié il y a des années», a-t-il encore dit.

Donald Trump a signé mercredi un décret donnant le coup d'envoi, largement symbolique à ce stade, à ce projet de construction d'un mur le long de l'immense frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Il s'agit de sa promesse de campagne la plus emblématique.

«Les Etats-Unis ont un déficit commercial de 60 milliards de dollars avec le Mexique», a-t-il souligné, laissant entendre qu'il était dans l'intérêt de Mexico de coopérer. Dans la sphère politique comme sur les réseaux sociaux, les appels se multipliaient depuis mercredi pour que le président mexicain renonce à son déplacement.

'Un monde en colère'

Invoquant le «terrorisme» dans un monde devenu un «foutoir complet», le nouveau président républicain devait par ailleurs signer prochainement une série de décrets suspendant l'entrée aux Etats-Unis de ressortissants de certains pays musulmans et l'admission de réfugiés. Il a déjà paraphé un autre décret mercredi pour appliquer plus sévèrement la législation sur l'immigration.

Donald Trump prévoit de réduire les financements fédéraux de Washington pour les quelque 200 «villes sanctuaires» aux Etats-Unis qui accueillent depuis des décennies des immigrés clandestins. Il s'est attiré les foudres des maires démocrates de Los Angeles, New York ou Chicago. Le maire de Miami a en revanche décidé de sortir de la liste des villes «sanctuaires».

«Protéger la nation»

Après le lancement du projet de mur, dont le financement et le calendrier posent encore d'innombrables questions, Donald Trump pourrait signer un autre décret, cette fin de semaine. Celui-ci bloquerait pendant un mois l'arrivée en Amérique de ressortissants de sept pays musulmans: Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen.

Ce projet de décret présidentiel, que le quotidien Washington Post a publié mercredi, est intitulé «Protéger la nation d'attaques terroristes par des étrangers». Il prévoit l'arrêt complet pendant quatre mois du programme américain d'admission de réfugiés de pays en guerre.

Le nouveau président américain veut diviser par deux le nombre de réfugiés accueillis en 2017, selon ce projet de décret. Il a été élu sur des slogans de campagne isolationnistes et de lutte contre le «terrorisme islamique radical»

Les Syriens, qui ont fui par millions le conflit dans leur pays, et dont seulement 10'000 ont été acceptés aux Etats-Unis en 2016, seraient, eux, définitivement interdits d'entrer. L'administration Trump entend accepter 50'000 réfugiés cette année, toutes nationalités confondues, contre plus de 100'000 prévus par l'équipe Obama.

Elu sur des slogans de campagne isolationnistes et de lutte contre le «terrorisme islamique radical», le nouvel occupant de la Maison Blanche a affirmé mercredi soir sur la chaîne ABC qu'il fallait agir dans «un monde en colère».

«Tourner le dos à des réfugiés vulnérables ne va pas protéger les Etats-Unis», a condamné l'ancien patron du centre national du contre-terrorisme, Michael Olsen, aujourd'hui membre de l'association Human Rights First. Au contraire, «cela va nourrir le récit mensonger de (l'organisation djihadiste, ) Etat islamique pour qui nous sommes en guerre contre les musulmans et non contre les groupes terroristes».

Le Brésil préoccupé par le mur

Le gouvernement brésilien a affiché jeudi sa «préoccupation» de voir «séparer des nations soeurs» après que le nouveau président américain Donald Trump a lancé son projet de mur à la frontière avec le Mexique.

«La grande majorité des pays d'Amérique latine maintiennent des liens étroits d'amitié avec le peuple des Etats-Unis. Le gouvernement brésilien appréhende avec préoccupation l'idée de la construction d'un mur pour séparer les nations soeurs de notre continent sans consensus entre les deux» parties, a déclaré le ministère des relations extérieures brésilien dans un communiqué. Les problèmes «entre peuples amis - comme c'est le cas des Etats-Unis et du Mexique - doivent trouver une solution à travers le dialogue et la construction d'espace de dialogue», souligne le ministère.

(ats)

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