Actualisé 02.07.2020 à 04:48

Pierce Brosnan: «Impossible de ne pas avoir peur face à ce virus»

USA

L'ex-James Bond nous parle, à 67 ans, de son expérience personnelle avec la Covid-19 après la mort de deux proches, mais aussi de ses projets et prochains films, y compris «Mamma Mia 3». Interview.

Pierce Brosnan est actuellement sur Netflix dans une comédie autour du concours de l'Eurovision de la chanson.

Pierce Brosnan est actuellement sur Netflix dans une comédie autour du concours de l'Eurovision de la chanson.

HFPA-DR

C'est depuis sa résidence de Hawaï que le comédien a répondu à nos questions à l'occasion de la sortie de «Eurovision Song Contest: The Story of Fire Saga» sur Netflix.

Vous avez rejoint votre propriété de Hawaï pour le confinement. Est-ce plus facile en étant loin des grandes villes?

Le paradis hawaïen est une illusion, car même si cette île de Kauai est sublime, c'est un endroit qui a aussi été touché par le virus. Et nous sommes tous très inquiets maintenant que les touristes peuvent revenir. Il faut donc rester vigilant car tout le monde peut être touché. Je suis bien placé pour le savoir.

Vous avez perdu 2 amis proches de la Covid-19 dès le début de la pandémie. Est-ce que cela pousse à la réflexion sur sa propre mortalité?

Absolument! Impossible de ne pas avoir peur face à ce virus. J'ai perdu Jay Benedict qui était comme un frère pour moi. Nous avions débuté au théâtre ensemble et je suis le parrain de son fils. L'un des plus grands coach de dialecte, Andrew Jack, est également décédé. Je l'ai bien connu car nous avons travaillé ensemble sur les films de James Bond notamment. Ce virus a touché toutes nos vies d'une manière ou d'une autre. Il n'est pas possible de ne pas ressentir une anxiété.

Comment se passe votre quotidien à Hawaï?

Je suis là avec mon épouse, Keely et mes deux plus jeunes enfants, Paris, 19 ans et Dylan, 23 ans. Les garçons sont contents car ils sont en liberté ici. On a la chance d'avoir Internet pour rester en lien avec le monde, nos amis et le travail.

Après deux comédies musicales avec les chansons du groupe Abba dans «Mamma Mia» on vous retrouve dans un nouveau film musical, «Eurovision Song Contest: The Story of Fire Saga». Est-ce que le chanteur en vous se fait plus présent que l'acteur à cette étape de votre carrière?

Cela m'étonnerait et je crois que le monde n'a pas besoin de mes talents de chanteur, si je peux dire cela (il éclate de rire). J'étais étudiant en arts dramatiques à Londres en 1974 lorsqu'Abba a remporté l'Eurovision et je me souviens avoir suivi le concours. Comme je suis fan des comédies de Will Ferrell, j'ai tout de suite été intéressé lorsqu'il m'a proposé de participer à ce tournage. Incarner son père m'a un peu surpris, mais j'ai vite compris l'humour de cela en lisant le scénario.

Bizarrement vous ne chantez pas du tout dans le film, alors que toute l'intrigue du film tourne autour de chansons...

Ce n'est pas faute d'avoir proposé de pousser la chansonnette à Will Ferrell, mais il avait peut-être peur que je lui fasse de la concurrence. (Rires.)

Lors de la sortie de «Mamma Mia 2», vous disiez que les producteurs avaient intérêt à se dépêcher s'ils voulaient faire un troisième film avec vous. Pourquoi?

Dix ans se sont écoulés entre le premier et le second film. Si l'on doit encore attendre une décennie avant de finir la trilogie, je marcherais avec une canne. (Rires.) Je suis partant pour un ultime Mamma Mia. Après l'amant dans le premier film et le père dans le second, je ne pourrais plus qu'incarner le grand-père dans «Mamma Mia 3», c'est certain.

Vous incarnez le Roi Louis XIV dans «The King's Daughter». Avez-vous été au château de Versailles pour ce tournage?

Certaines prises de vue ont été faites à Versailles mais la quasi totalité a été tournée dans des studios en Australie. C'est une version bien différente de la réalité historique de Louis XIV dans ce film, car il y a des sirènes et un côté très ésotérique. Nous avons tourné cela avec William Hurt en 2016 mais je n'ai pas encore vu la version finale.

Vous incarnez également le Roi dans «Cendrillon», n'est-ce pas?

Oui à la soixantaine, je dois avoir le profil pour jouer des rois. (Rires.) J'étais à Londres pour la production de cette nouvelle version de Cendrillon avec Camila Cabello dans le rôle principal lorsque le virus a commencé a frapper et que tous les tournages se sont arrêtés. Nous devrions reprendre avant l'automne mais la date ne cesse de changer et reculer.

On ne peut pas vous rencontrer sans parler de 007. Regrettez-vous vos années dans la peau de James Bond?

Non, j'ai eu la chance d'incarner 007 alors que je pensais avoir perdu cette opportunité parce que j'étais sous contrat pour la série «Les Enquêtes de Remington Steele» lorsqu'on m'a proposé ce rôle la première fois. Aujourd'hui, Bond est derrière moi mais je n'ai aucun regret d'avoir cédé cette place, car il faut savoir vivre avec son temps.

Henry Arnaud, Hollywood

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