Qatar 2022: Pierluigi Tami: «Faire le meilleur résultat de l’histoire de la Suisse depuis 1954»

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Qatar 2022Pierluigi Tami: «Faire le meilleur résultat de l’histoire de la Suisse depuis 1954»

Pour le directeur des équipes nationales, une Coupe du monde réussie serait d’arriver en quarts de finale. Mais il ne fixe pas d’objectif chiffré.

par
Valentin Schnorhk
(Doha)
Pierluigi Tami se pose en directeur des équipes nationales ambitieux.

Pierluigi Tami se pose en directeur des équipes nationales ambitieux.

freshfocus

Prise de contact. Une première. Il est 16 heures à Doha ce mardi. Une trentaine de degrés au mercure, un léger vent pour rendre un peu plus agréable le moment. La première séance d’entraînement de l’équipe de Suisse sur le gigantesque campus de l’Université de Science et de technologie de Doha a commencé sous le soleil. Il s’est terminé dans la nuit, tombée à 16h45.

Très vite, il fait plus frais. Plus agréable à supporter pour Pierluigi Tami, le directeur des équipes nationales. C’est lui qui vient véritablement donner le coup d’envoi du périple suisse au Qatar en cette fin d’année 2022. Et le Tessinois déclame son ambition.

Pierluigi Tami, qu’est-ce que serait une Coupe du monde réussie pour l’équipe de Suisse?

Ce serait de faire le meilleur résultat de l’histoire de l’équipe nationale depuis 1954. Atteindre les quarts de finale serait donc très bien (ndlr: en 1954, chez elle, la Suisse avait perdu 7-5 en quarts d’une Coupe du monde à 16 équipes). Mais je ne veux pas fixer d’objectif chiffré. Parce que j’ai vécu le Mondial 2006 avec Köbi Kuhn: les 8es de finale étaient considérées comme une fin en soi. On ne faisait que de le répéter. Et puis, quand nous les avons atteintes, toute l’énergie mentale avait fondu. Contre l’Ukraine (ndlr: match perdu aux tirs au but, 0-0 au terme des prolongations), nous n’avions pas joué ce match. Quand on fait un voyage de 1000 km, dans la tête, on est prêt pour ces 1000 km, pas plus.

Il faut dire que c’est la 5e Coupe du monde consécutive que dispute la Suisse. Ce n’est pas si mal. Désormais, ces joueurs veulent faire plus que participer. Il ne faut pas avoir peur de le dire. Bien sûr, on peut sortir après trois matches, cela peut arriver. Mais l’essentiel est de ne pas avoir de regrets à la fin.

Nous avons une équipe avec des joueurs qui en sont à leur troisième ou quatrième participation, certains avec plus de 100 sélections. Il y a les personnalités, il y a les qualités et il faut aussi cette part de chance.

«Il y a bon signal: les joueurs ne passent pas leur temps sur leur téléphone. Ils parlent, ils jouent ensemble»

Pierluigi Tami, directeur des équipes nationales

Considérez-vous que l’équipe de Suisse de 2022 est la meilleure de l’histoire?

Je ne dirais pas cela. Parce que les autres équipes étaient aussi très bonnes. En revanche, je pense que, par rapport à ces dernières années, nous avons l’équipe qui a le plus l’expérience du haut niveau. Il y a aussi un esprit d’équipe, avec des joueurs qui viennent volontiers en équipe nationale. Ils aiment passer du temps libre ensemble. Il y a bon signal: ils ne passent pas leur temps sur leur téléphone. Ils parlent, ils jouent ensemble. Les plus anciens ont cette énergie qu’ils parviennent à transmettre aux plus jeunes. C’est très facile de s’intégrer dans cette sélection.

Quel regard portez-vous sur la façon dont le sélectionneur Murat Yakin a composé sa sélection, notamment avec seulement deux latéraux de métier?

Cette liste me plaît. Il y a des jeunes intéressants qui peuvent profiter de l’expérience des anciens. Aussi, cela me plaît de constater que l’équipe nationale ait une idée de jeu. Sur la façon dont elle a été formée, cela peut aussi sous-entendre qu’on pourrait s’adapter, passer à une défense à trois. Murat Yakin a montré qu’il pouvait faire preuve de créativité pour trouver des solutions. Chaque joueur peut aussi occuper une autre position. Certains peuvent interpréter des rôles différemment.

L’équipe de Suisse et Murat Yakin ont découvert ce mardi leur terrain d’entraînement à Doha.

L’équipe de Suisse et Murat Yakin ont découvert ce mardi leur terrain d’entraînement à Doha.

AFP

Vous êtes arrivés lundi soir à Doha. Quelles sont vos premières impressions?

Le climat m’a tout de suite saisi. Je n’étais forcément prêt à ça. L’acclimatation sera importante. Pour le reste, l’hôtel et les infrastructures sont superbes. C’est une nouvelle situation, parce qu’on ne bougera jamais. Peut-être qu’à la longue, cela deviendra ennuyant, on verra bien.

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