Berne: Pierre-André Page: «Nous ne nous sommes pas assez battus»
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BernePierre-André Page: «Nous ne nous sommes pas assez battus»

Brillamment élu à Fribourg, Pierre-André Page (UDC/FR) déplore le recul de l'UDC au Parlement. Trois sièges de perdus et aucune nouvelle tête en Suisse romande. C'est le moment d'une remise en question.

par
lematin.ch
A Berne depuis quatre ans, l'agriculteur Pierre-André Page (UDC/FR) a fait sa place discrètement, mais efficacement.

A Berne depuis quatre ans, l'agriculteur Pierre-André Page (UDC/FR) a fait sa place discrètement, mais efficacement.

Allessandro della Valle, Keystone

Lors de ces élections fédérales, tous les partis ont envoyé à Berne de nouvelles têtes romandes au Parlement (26 entre les deux chambres), sauf l'UDC. Non seulement la relève fait défaut, mais 3 sièges ont été perdus à Fribourg, Neuchâtel et Vaud. Ceux-ci s'ajoutent aux 9 sièges envolés en Suisse alémanique. Le conseiller national fribourgeois Pierre-André Page (UDC/FR) a su, lui, tirer les marrons du feu en faisant un excellent résultat dans son canton. Aujourd'hui, il estime que son parti doit faire émerger une nouvelle génération.

Comment avez-vous vécu ces élections?

Sur le plan personnel, je suis satisfait, mais le résultat de l'UDC en Suisse romande est une déception. On a régressé d'une manière générale. Le départ de Jean-François Rime est une grosse perte, car il pouvait ouvrir beaucoup de portes dans le monde de l'économie. A Neuchâtel, ce sont des bisbilles internes qui nous ont coûté le siège. Il aurait fallu repartir avec une nouvelle équipe, mais c'est plus facile à dire après.

Vous avez donc manqué ce rendez-vous?

C'est une leçon qu'on doit admettre. La population a montré qu'elle voulait un rajeunissement des élus. Nous devons dès lors intégrer davantage les jeunes jusque sur les listes mères. On a vu aussi que la population voulait féminiser la représentation. Nous avons des femmes qui font du bon travail dans les sections, mais elles ont de la peine à se porter candidates. Ce sont nos points faibles, les femmes et les jeunes, le message est clair!

Christoph Blocher a dit que les Romands avaient été «paresseux» durant ces élections, vous partagez?

Je ne sais pas s'il a dit ça comme ça... Il y a aussi eu des échecs en Suisse alémanique pour arriver à cette perte de 12 sièges. Le jeu des apparentements nous a coûté des sièges. Il y a quatre ans, nous en avions gagnés pas mal avec des petits restes et nous les avons reperdus. Mais cela n'explique pas tout. En fait, nous ne nous sommes pas assez battus, il y a eu un peu d'autosatisfaction. Sur le plan personnel, je constate que pour réussir il faut aller à la rencontre des gens, expliquer ce que l'on fait, écouter leurs attentes, c'est ce contact-là qui est important.

Avec le retrait de Jean-François Rime, d'Oskar Freysinger ou d'Yvan Perrin, c'est une page qui se tourne pour l'UDC en Suisse romande?

Oui, on a eu de fortes personnalités, en même temps, cela a empêché d'autres d'émerger. C'est frustrant pour les suivants de se mettre sur les listes comme des porteurs d'eau. Certains aimeraient gagner tout de suite... C'est au parti de fixer des règles. L'important est de ne pas rester trop longtemps en place, de laisser entrer la relève. Certains ont de la peine à décrocher. En Argovie, par exemple, des parlementaires UDC se sont accrochés, ils ont créé des listes dissidentes qui n'ont pas marché.

Au Conseil national, l'UDC et le PLR ont perdu leur majorité, qu'est-ce que cela change pour vous?

Je remarque depuis le début de cette session qu'on arrive à garder une majorité de droite avec l'UDC, le PLR et le PDC. On verra avec la loi sur le CO2 l'année prochaine comment cela fonctionnera. Si on travaille bien, on arrivera à limiter la casse sur toutes ces taxes qu'on veut nous imposer, sinon on fera un référendum. Les Verts pensent qu'on peut tout régler avec des taxes, pour nous c'est impensable, c'est impossible.

Pour mener ce combat, Pierre-André Page a réussi à conserver son siège dans la Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie (CEAT) si convoitée dans tous les partis.

Eric Felley

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