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Succession BurkhalterPierre Maudet, entre rigueur et ouverture

Le conseiller d'Etat genevois a annoncé sa candidature à la succession de Didier Burkhalter au Conseil fédéral. Portrait.

Pierre Maudet, accompagné de sa femme Catherine Maudet.

Pierre Maudet, accompagné de sa femme Catherine Maudet.

Le PLR genevois Pierre Maudet est en lice pour succéder à Didier Burkhalter. Habitué aux succès électoraux au bout du lac, le conseiller d'Etat âgé de 39 ans commence à se faire un nom sur la scène fédérale. L'homme avance au pas de charge, entre rigueur et ouverture.

Pierre Maudet est entré précocement en politique. A 11 ans déjà, il écrit à la Ville de Genève pour demander la création d'une rampe de skateboard. A 15 ans, il fonde le Parlement des jeunes de la Municipalité. En 1999, à 21 ans, le jeune radical entre au délibératif de la Ville de Genève et en 2007, à 29 ans, à l'exécutif municipal. En charge de la Voirie, il est réélu en 2011.

«Monsieur Propre»

En 2012, lors d'une élection complémentaire au Conseil d'Etat, le surnommé «Monsieur Propre» met le cap sur le canton. Il prend alors les rênes de la Sécurité. Brillamment réélu un an plus tard, il ajoute l'Economie à son département. Un parcours en ligne droite pour ce détenteur d'un master en droit européen de l'Université de Fribourg qui n'a occupé que des fonctions politiques.

Seul échec connu pour ce capitaine dans les troupes de sauvetage de l'armée maîtrisant l'allemand: il n'est pas élu au Conseil national en 2003. Mais parrainé par le conseiller fédéral Pascal Couchepin, il préside la Commission fédérale pour l'enfance et la jeunesse de 2005 à 2015. Et depuis 2016, il préside la Conférence latine des chefs des Départements de justice et police.

Obsession du contrôle

Hyperactif, travailleur, stratège, le magistrat sait faire parler de lui sur la scène nationale. En 2011, il attaque le conseiller fédéral Ueli Maurer sur la politique de sécurité du pays, prônant une professionnalisation de l'armée. Récemment, il s'est engagé en faveur de la nouvelle loi sur le renseignement et a fait de Genève un des fers-de-lance dans la lutte contre les radicalismes.

En matière économique, il prône la mise en place de conditions cadres à la libre circulation, dont une surveillance accrue des abus du marché du travail. Le projet Papyrus de régularisation des travailleurs sans papier est, lui aussi, salué par la gauche. Mais sa fermeté en matière d'asile et de détention administrative tranche avec l'humanisme de certains de ses prédécesseurs bourgeois.

S'il a mené des réformes à bien, sa manière d'avancer tête baissée et son obsession du contrôle, notamment en matière de communication, sont critiquées, comme lorsqu'il parle de caméras de «vidéoprotection» et non de vidéosurveillance. Certains reprochent aussi à ce père de trois jeunes enfants de ne chercher à assouvir qu'une ambition personnelle. Genève ne serait alors qu'un tremplin vers Berne.

(ats)

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