Football: Pierre Ménès: «J'ai reçu tellement d'amour»

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FootballPierre Ménès: «J'ai reçu tellement d'amour»

La grande gueule du sport français fêtera son retour à l'antenne ce dimanche sur Canal Plus, après une greffe du foie et d'un rein.

par
Florian Müller
Pierre Ménès:

Pierre Ménès:

Visual Press Agency

- Pierre Ménès, trois mois et demi après votre double greffe, comment allez-vous?

«Aussi bien que possible. Je retrouve une vie régulière, dans le sens où je suis de nouveau autonome. Je peux me déplacer seul. Ça fait quelques jours maintenant que j'ai pu reprendre une activité normale.»

- Car, il y a quelques semaines encore, vous n'arriviez pas à marcher…

«Oui, durant les deux dernières semaines, j'ai fait des progrès assez impressionnants. Le couac, c'est que je suis tombé chez mon kiné il y a un mois et demi, avec une déchirure des adducteurs à la clé. Comme si ça ne suffisait pas… Pour y remédier, je suis parti en thalasso à La Baule, où j'ai fait beaucoup d'exercices en piscine. Depuis là, ça va vraiment mieux.»

- Si je dis que vous êtes un miraculé, le terme est trop fort?

«Non, parce que j'ai été opéré en extrême urgence. Le jour où j'ai été greffé, il me restait une semaine à vivre. Même si la greffe du foie est maîtrisée par la médecine moderne, j'avais en plus une thrombose de la veine porte. Ça a rendu l'opération très compliquée.»

- Du coup, votre retour à la télévision, dimanche dans le «Canal Football Club», n'est-il pas précipité?

«Non, il est totalement maîtrisé. D'un point de vue intellectuel, j'aurais pu faire mon retour il y a déjà un mois de cela. Les toubibs m'avaient dit que de reprendre l'émission trois mois après ma greffe leur paraissait être un objectif réaliste. Mais il fallait que j'arrive à marcher, ce qui a retardé quelque peu le processus.»

- Vous appréhendez ce come-back?

«Je ne me fais aucun souci d'un point de vue télévisuel. Parce que, permettez-moi de vous rassurer, je suis toujours aussi con. Je l'appréhende plutôt au niveau des émotions. C'est bien possible que je n'arrive pas à retenir mes larmes. Mais, vous savez, j'ai tellement pleuré pendant ces derniers mois que quelques larmes de bonheur ne me font pas peur.»

- Vos proches seront présents à vos côtés dimanche?

«Oui. Ma mère, ma compagne, mon fils. Et beaucoup d'amis aussi, dont le médecin qui m'a sauvé. C'est important pour moi, mais pour eux aussi. Car ce retour à l'antenne va marquer le vrai début de ma résurrection. Pas tellement le fait de retourner à la télé, qui est somme toute futile, mais de redevenir moi-même, et d'oublier le légume que j'ai été.»

- Pendant votre convalescence, leur soutien a été décisif?

«Je le dis volontiers: sans ma mère et ma compagne, je serais mort. J'ai fait une grosse dépression après l'opération. Parfois elles me rentraient dans la gueule en me disant que je n'avais pas le droit de me plaindre, que j'étais un miraculé. Mais, quand vous êtes collé sur un lit, totalement dépourvu, ce n'est pas supportable. Et dire que je ne suis resté que 25 jours à l'hosto…»

- Le grand public a aussi manifesté son soutien. Vous pensiez être autant aimé?

«Non, pas du tout. Je ne m'attendais pas à recevoir autant d'amour. Et j'en ai reçu tellement! C'est une immense surprise et un immense bonheur. Je pensais être beaucoup plus clivant, et aussi que plein de gens n'en auraient rien à foutre de ma maladie.»

- Avec toute cette dose d'amour que vous avez reçue, vous allez être moins virulent à l'antenne?

«Non, déjà parce que les gens qui m'aiment seraient déçus. Et puis parce que je n'ai rien perdu de ma capacité d'exaspération pour les choses du foot. Vous savez, j'ai toujours été conscient que ce n'était que du foot, et aujourd'hui j'en suis encore plus conscient. Si j'égratigne un joueur ou une équipe, ça ne remet pas en cause l'équilibre du monde.»

- Votre humour est intact. Il vous a servi durant votre convalescence?

«C'est triste à dire, mais je l'avais complètement perdu. Pour avoir de l'humour, il faut avoir de l'énergie. Et je n'en avais plus du tout. Les dernières semaines dans l'attente de la greffe, je ne parlais plus, je ne bougeais plus.»

- Qu'avez-vous appris sur vous-même durant cette épreuve?

«Je ne pensais pas que j'avais autant de force de caractère. Si on m'avait dit ce que j'allais vivre avant, je pense que je n'aurais pas tenu le choc. Mais, quand je me regarde aujourd'hui, je me dis que j'ai quand même bien encaissé.»

- C'est la renaissance de Roger Federer qui a inspiré la vôtre?

«Beaucoup de gens ont fait le parallèle, oui. Je ne sais pas s'il lira ces quelques lignes, mais son sacre à Melbourne a été le premier grand moment de bonheur après ma greffe. J'ai pleuré comme une Madeleine, j'étais fou de joie. Pour moi, c'est un exemple de volonté, j'ai une admiration sans limites pour tout ce qu'il fait.»

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