Motocylisme - Pilotes MotoGP ou poursuiteurs?

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MotocylismePilotes MotoGP ou poursuiteurs?

À la veille des premiers essais du GP de Losail, les pilotes de la catégorie-reine sont unanimes: la clé de la course se cache dans la gestion du pneu arrière.

par
Jean-Claude Schertenleib

La classe MotoGP est la catégorie la plus aboutie du sport motocycliste mondial, celle où l’on bat tous les records: vitesses de pointe (362,4 km/h depuis une semaine), moyennes, temps au tour en progression constante. Pourtant, pour cette deuxième course qatarie du championnat 2021, on pourrait bien assister à quelques scènes étranges. «Celui qui voudra absolument mener en début de course sait qu’il connaîtra des soucis en seconde partie d’épreuve», prévient le Français Johann Zarco, deuxième dimanche dernier, qui rappelle ainsi que la clé du succès se cache dans la gestion des pneus.

Mais il faudra néanmoins que quelqu’un assume, non? «Si je me retrouve en tête au premier virage, je ne vais pas volontairement céder ma place», précise «Peco» Bagnaia, troisième il y a quelques jours. Et le vainqueur du premier GP de la saison, Maverick Viñales, qu’en dit-il? «Bien sûr qu’il faudra savoir gérer notre capital pneumatique. Mais si vous êtes devant, vous pouvez justement imprimer le rythme idoine; en revanche, si vous avez plusieurs concurrents à dépasser, vous «tapez» beaucoup plus dans vos pneus.»

Pas de risques, donc, d’assister aux scènes qui font le charme de la poursuite cycliste, avec des équilibristes qui font du surplace en observant l’adversaire.

Jeux d’ombres sur la piste

Seules courses en nocturne du calendrier mondial, les GP du Qatar et celui de Losail, dimanche, ont pour particularités de se dérouler sous les projecteurs. Avec quels effets? Les pilotes sont désormais tellement habitués qu’ils ne voient pas la différence. Quoique... «Chaque année, explique le champion du monde MotoGP, Joan Mir, il faut juste se réhabituer aux ombres, qui se reflètent sur la piste dans certains virages.»

Une impression confirmée par son équipier chez Suzuki, Alex Rins: «Lors de mon premier GP du Qatar en Moto3, en 2012, j’étais perdu. Plusieurs fois, voyant cette ombre, je relevais ma moto en étant sûr qu’un adversaire était là, à quelques centimètres.»

Les GP du Qatar et celui de Losail ont pour particularités de se dérouler sous les projecteurs.

Les GP du Qatar et celui de Losail ont pour particularités de se dérouler sous les projecteurs.

AFP

Encore du vent

On l’a constaté l’an dernier: lorsque deux GP – pandémie de Covid-19 oblige – se succèdent sur le même circuit, la hiérarchie de la première course n’est pas nécessairement celle de la seconde: «Tout le monde sera plus rapide ce week-end, c’est certain», estime le grand vainqueur du GP du Qatar, Maverick Viñales.

Une chose semble avérée: les météorologues qataris prévoient à nouveau un dimanche venteux sur le circuit de Losail.

Lüthi: un bon feeling, malgré le résultat

Le discours du manager de Thomas Lüthi, Daniel-M. Epp («En course, dimanche soir, on a vu le meilleur Tom de ce début de saison»), n’a pas manqué d’interpeller, après une quinzième place qui ne correspond ni au statut, ni aux ambitions du plus expérimenté des pilotes de la classe Moto2.

Qu’en dit-il, Tom? «C’est étrange, parce que mes sensations sont bien meilleures que le résultat brut. Cette première course a été positive, dans la mesure où elle constitue une base sur laquelle nous pouvons construire quelque chose d’intéressant. J’étais certes déçu d’avoir perdu quatre places dans les deux derniers tours, mais une fois encore, dimanche dernier, j’ai éprouvé de belles sensations et le fait de rester une semaine de plus sur le même circuit est positif.»

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