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Covid-19Pingre, la Suisse délaisse ses PME: les bourgeois réclament plus de soutien

La Suisse a apporté moins d’aide financière aux entreprises en difficulté que d’autres pays du globe, même des plus pauvres.

L’aide octroyée aux restaurateurs suisses est basse en comparaison internationale. 

L’aide octroyée aux restaurateurs suisses est basse en comparaison internationale.

AFP


La Suisse, l’un des pays les plus riches du globe avec une dette historiquement basse au début de la pandémie, est aussi le plus «pingre» en matière de soutien aux PME, note la «SonntagsZeitung». A mi-septembre, l’aide octroyée aux restaurateurs, commerces non essentiels, organismes sportifs et culturels pour les cas de rigueur ne représentait que 4,8% du PIB suisse (statistiques du FMI). Soit à peine autant que celle accordée par l’Italie (4,9%) et à peine plus que celle de l’Espagne (3,9%) – toutes deux très endettées. Et bien moins que l’Allemagne (8,3%), le Royaume-Uni (9,2%), le Japon (11,3%) et les Etats-Unis (11,8%). Mais même des pays pauvres ont plus soutenu leurs PME que la Suisse, à l’instar du Pérou (6,6% du PIB) ou du Brésil (8,3%).

Les milieux bourgeois, réticents jusqu’ici à ouvrir davantage les caisses fédérales, critiquent cette aide « très modeste en comparaison internationale », selon Hans-Ulrich Bigler, directeur de l’USAM (Union suisse des arts et métiers). L’USAM exige un dédommagement rapide des commerces fermés suite aux mesures récentes plus sévères et un versement plus rapide des aides déjà allouées. Car seuls 8,4 millions de francs sur les 2,5 milliards attribués par les autorités pour les cas de rigueur ont été versés pour l’heure. Cela à cause des conditions d’octroi de ces fonds (perte de chiffre d’affaires de 40%). Des conditions qui menacent aussi l’existence de bien des PME, dont certaines ont dû puiser dans leurs fonds de retraite pour survivre.

Le Conseil fédéral pourrait assouplir ces conditions d’octroi mercredi prochain, et accorder des contributions plus élevées aux coûts fixes en cas de fermeture forcée, comme l’USAM l’appelle aussi de ses vœux, selon la SonntagsZeitung.

(ewe)

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