Actualisé 28.10.2019 à 10:00

Ski alpinPinturault: «Odermatt va être un très gros client»

Le Français, qui était le grand favori de ce premier géant de la saison à Sölden, a bien supporté la pression.

par
Christian Maillard, Sölden
Alexis Pinturault victorieux dimanche du géant de Sölden (Aut).

Alexis Pinturault victorieux dimanche du géant de Sölden (Aut).

AP

Il avait annoncé la couleur. Alexis Pinturault a d'emblée assuré, sur le glacier de Sölden, s'offrant d'entrée son premier succès de la saison. Le Français, qui est le grand favori à la succession de Marcel Hirscher au classement général de la Coupe du monde, est déjà «géant». Sur le glacier de Rettenbach, le champion du monde du combiné s'est offert son 24e succès sur le Cirque blanc, son deuxième ici dans cette station de l’Otztal après 2016. Le Savoyard de 28 ans s'est imposé avec brio devant son compatriote Matthieu Faivre et le Slovène Zam Kranjec.

Alexis Pinturault, est-ce un soulagement de vous imposer lors de la première course de votre saison?

Non, pas un soulagement car on ne vient jamais sur les courses pour vouloir prouver quelque chose ou vouloir à tout prix obtenir quelque chose. Mais oui, c'est un bon début. On vient sur les courses pour aller chercher des victoires, des podiums et c'est un excellent moyen de bien commencer la saison.

Vous avez surtout envoyé un signal fort à la concurrence, en leur montrant qui était le patron, non?

Mais l’hiver est très long, donc beaucoup de choses peuvent encore changer et s'alterner. Une course ne donne pas la signification des autres. Donc on va dire que celle-là est très bien faite et qu'on a ramené une très belle victoire à la maison en produisant du très bon ski. Là il reste un bon mois pour se préparer pour le slalom de Levi et beaucoup d’athlètes peuvent remettre des choses en question. Henrik Kristoffersen est un grand champion, il va forcément corriger le tir pour les prochaines épreuves. Mais le positif pour moi, c'est surtout que l'an dernier j'avais encore quelques soucis en géant. Comme en fin de saison ça allait beaucoup mieux, je voulais tout de suite, dès la première course, avoir de bonnes sensations. J'espérais que le matériel réponde favorablement et cela a été le cas. Tout s'est très bien passé. Mon équipement allait très bien et mon ski était plutôt bon. Il n'y a que des bons signes.

Comment expliquez-vous que vous avez réussi à revenir à un si bon niveau en géant?

Ce sont beaucoup de détails. Il y a deux ans j'ai connu beaucoup de problèmes avec mon équipement qui s'est dégradé. On a remis les pendules à l'heure l'an dernier avec ce dernier qui n'était pas encore parfait, mais bien meilleur. Techniquement aussi, c'était bien mieux, après je n'ai rien lâché. On a essayé de prendre les courses comme elles venaient, en effectuant des manches pleines et cela a payé au fil de la saison en géant. Là, cette année, on va dire qu'on a pu travailler des choses qui étaient plus difficiles avant. C'est à dire sur mes défauts. On a essayé de corriger le tir et peaufiner tout ça pour un peu arrondi la boule.

On a senti que vous aviez de la marge ce dimanche, on se trompe?

De la marge, pas tant que ça. Vous savez si on veut gagner des courses, on ne peut pas avoir de marge. Il faut toujours être à 100%, en première et en deuxième manche. Quand je suis au départ, j'entends Mathieu Faivre qui prend la tête. Je savais qu'avec deux centièmes à la première manche je n'avais aucune marge. C'est notre milieu et ce qui est beau, à chaque course on doit donner le meilleur. A chaque manche aussi, ce qui est vraiment chouette.

Vous dites que vous êtes physiquement et techniquement au top, mais aussi mentalement pour avoir si bien géré la pression...

Ça, c'est plutôt une bonne chose oui, dans le sens que j’étais attendu. J'ai réussi à faire simplement mon ski, ce qui était l’objectif. Je suis heureux d'avoir réussi à skier comme je le voulais.

Avez-vous été étonné par la performance de votre coéquipier, Mathieu Faivre, qui a été au final votre plus sérieux rival?

Non, pas du tout, car les derniers entraînements on les a fait ensemble et Mathieu skiait plus vite que moi. Lui, ce sera aussi un gros client pour les prochaines courses.

Deux Français sur le podium, quel début en fanfare pour vous...

C'est toujours un bon moment à partager, surtout la Marseillaise avec des amis sur le podium. C'est très bien pour le ski en France.

Cette année, Sölden était-il un peu spécial, dans la mesure où Marcel Hirscher n'était pas là?

Oui et il m'a manqué. Je n’ai pas pensé à lui au départ ou à l'arrivée, mais dans un coin de ma tête, je me disais que Marcel n'était pas là et cela m'a fait bizarre.

Vous êtes-vous envoyé des textos?

Non mais je vois toute son équipe qui travaille désormais pour les Autrichiens. C'est un plaisir de les revoir et de discuter avec ces techniciens. Ils me donnent des nouvelles de lui. Et puis nos femmes se connaissent et s'apprécient, alors j’en ai au travers de mon épouse.

Marco Odermatt vous a posé des problèmes en première manche. Est-ce aussi un gros client pour vous?

Marco, il va skier très vite toute l'année, c’est certain. Donc il faut s'attendre à ce qu’il soit là, présent. C'est un très très bon glisseur, il l'a montré sur la première manche, où il a été très très fort sur le bas de parcours. A Beaver Creek, cela va être un très gros client.

Christian Maillard, Sölden

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