21.02.2013 à 11:10

AfSudPistorius: l'enquêteur accusé de tentatives de meurtre, l'accusation affaiblie (PAPIER GENERAL)

Par Johannes MYBURGH PRETORIA, 21 fév 2013 (AFP) - L'accusation contre Oscar Pistorius s'est encore affaiblie jeudi avec l'annonce que le chef enquêteur lui-même est poursuivi pour des tentatives de meurtre, au troisième jour de comparution de l'athlète sud-africain devant un tribunal de Pretoria.

Alors que l'audience a repris vers 11H20 (09H20 GMT) jeudi, le sérieux de l'enquête était plus que jamais remis en cause, quand la police a confirmé que son enquêteur Hilton Botha est sous le coup d'une inculpation pour tentatives de meurtre, après avoir tiré sur un taxi collectif pour le forcer à s'arrêter en 2009, alors qu'il était ivre. "Nous n'avons été informés qu'hier (mercredi) que les accusations de tentatives de meurtre avaient été rétablies contre Hilton Botha", a expliqué à l'AFP le porte-parole de la police Neville Malila. L'inspecteur Botha a dirigé l'enquête au domicile d'Oscar Pistorius, le champion paralympique soupçonné du meurtre de sa petite amie Reeva Steenkamp le 14 février. Selon les informations disponibles jeudi, l'officier de police avait été poursuivi après les faits en 2009, puis le dossier avait été classé, avant d'être rouvert tout récemment. "Je ne comprends pas pourquoi (le) dossier a été rouvert. Je ne peux que penser que c'est lié avec mon travail sur Oscar Pistorius", a réagi Hilton Botha interrogé par la chaîne d'informations eNCA. "Mon sang n'a jamais été testé après la fusillade, je n'étais pas ivre", a-t-il ajouté, expliquant que le taxi collectif avait fait une queue de poisson au véhicule des policiers alors qu'ils étaient à la poursuite de bandits. La police a démenti que son enquêteur ait pu être dessaisi de l'affaire "pour l'instant", mais Neville Botha n'était pas présent au tribunal jeudi matin. "Il est dans les bâtiments du tribunal. (...) Il a souhaité ne pas être ici avec nous", a regretté le procureur Gerrie Nel. L'audience a été suspendue juste après avoir commencé, le temps d'aller chercher l'enquêteur, dont le témoignage est capital. Hilton Botha avait été totalement déstabilisé mercredi par l'avocat de la défense Barry Roux, qui s'est fait un plaisir de pointer une par une les failles d'une enquête apparemment mal ficelée. La brillante contre-attaque de l'avocat a donné l'impression au public que le dossier de l'accusation s'effondrait peu à peu, alors qu'Oscar Pistorius demande à être libéré sous caution. Me Roux a notamment reproché aux enquêteurs de ne pas avoir mis de patins aux pieds pour marcher sur la scène du crime, de ne pas avoir vérifié les appels de l'accusé ou de n'avoir pas vu qu'une douille était tombée dans la cuvette des toilettes. Et l'avocat a même fait admettre que l'alibi d'Oscar Pistorius semblait "cohérent". Oscar Pistorius affirme avoir tué sa petite amie par accident, la prenant pour un cambrioleur caché dans les toilettes, alors que le couple s'était selon lui tranquillement endormi quelques heures plus tôt. Le procureur a au contraire fait part mercredi d'une violente dispute entre les deux amants juste avant le drame, et a cité un témoin qui a entendu des cris et des coups de feu, ajoutant que la lumière était allumée chez Pistorius --contrairement à sa déposition. Le ministère public estime qu'il y a eu un meurtre avec préméditation. L'audience de jeudi devait être consacrée à la plaidoirie de la défense et au réquisitoire de l'accusation. Le juge pourrait dire dès jeudi après-midi, ou au plus tard vendredi, s'il remet Oscar Pistorius en liberté sous caution. Quant au procès sur le fond, il n'est pas attendu avant plusieurs mois. jcm-liu/cpb/aub

(AFP)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!