Aide aux victimes: Placements abusifs: plus de 1300 demandes d'indemnités

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Aide aux victimesPlacements abusifs: plus de 1300 demandes d'indemnités

Plus de 1300 personnes victimes de placements forcés ou incarcérées abusivement dans leur jeunesse ont demandé réparation financière.

Des victimes de placements abusifs ont manifesté sur la place Fédérale à Berne en mars 2014.

Des victimes de placements abusifs ont manifesté sur la place Fédérale à Berne en mars 2014.

ARCHIVES, Keystone

Le délégué aux victimes de placements forcés ou incarcérées abusivement dans leur jeunesse a reçu plus de 1300 demandes de réparation financière. Jusqu'ici 599 requêtes ont été acceptées et 138 rejetées. Le reste sera traité d'ici début 2016, a indiqué ce jeudi 9 juillet l'Office fédéral de la justice.

Le délai pour déposer les demandes a échu le 30 juin. Un peu moins de 8000 francs par personne ont déjà été versés, pour un total de 4,6 millions. Les requêtes rejetées provenaient de personnes qui n'étaient pas réellement des victimes, ne pouvaient pas le prouver ou ne se trouvaient pas dans une situation financière précaire.

Les versements ont été effectués par le Fonds d'aide immédiate, alimenté par les cantons, les communes et d'autres organisations à hauteur de 5,7 millions. Initialement, il était prévu d'attribuer 7 à 8 millions par ce biais. Mais diverses entités, dont l'Union suisse des paysans, ont refusé de mettre la main au portemonnaie.

A l'heure actuelle, le fonds dispose encore d'environ 1,2 million. Des dons des Eglises sont encore attendus. Tout autre don à la Chaîne du bonheur est le bienvenu, précise le communiqué.

Le canton de Vaud a déployé une solution similaire pour son propre compte. Il a pour l'heure donné suite à 40 demandes, pour un montant total d'environ 480'000 francs.

Solution transitoire

Cette solution est transitoire. Le Conseil fédéral a mis en consultation en juin un fonds doté de 300 millions de francs. Ce projet de loi fait office de contre-projet indirect à l'initiative populaire dite de réparation, qui demande un fonds de 500 millions pour les victimes encore en vie des mesures de coercition prises avant 1981.

Des enfants ont été placés d'office chez des particuliers, en foyer ou donnés à l'adoption de force, des personnes ont été internées par simple décision administrative ou stérilisées contre leur gré. Beaucoup ont été exposés à des violences physiques et psychologiques pendant des années.

En raison de leurs traumatismes, certains d'entre eux vivent encore dans des conditions précaires. Nombre de personnes n'ont en outre pas pu apprendre un métier ou entreprendre des études. Elles ont travaillé sans rémunération et n'ont pas cotisé à l'AVS. Si les milieux intéressés parlent de 20'000 victimes, le Conseil fédéral cite une estimation entre 12'000 et 15'000.

(ats)

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