13.09.2016 à 19:40

Canton de VaudPlainte de l'Etat contre l'éleveur de porcs

Deux des trois porcheries vaudoises pointées du doigt par une vidéo mise en ligne par les défenseurs des animaux ne sont pas conformes à la loi.

Capture écran d'une vidéo

L'Etat de Vaud va dénoncer pénalement le détenteur de ces porcs.

Les images prises dans trois porcheries à Echallens, Ropraz et Peney-le-Jorat ont incité le Service de la consommation et des affaires vétérinaires (SCAV) à inspecter ces sites. «Il ressort plusieurs manquements dans deux des trois lieux visés par le film, la porcherie de Ropraz étant conforme à la législation en vigueur», indique mardi l'Etat de Vaud.

A Peney-le-Jorat, les spécialistes ont notamment constaté un léger dépassement d'environ 2% du nombre d'animaux autorisés. «Une surdensité a été constatée. Cela était déjà arrivé par le passé dans d'autres exploitations de l'entreprise», précise à l'ats Giovanni Peduto, vétérinaire cantonal.

Sol défectueux

Les spécialistes ont également relevé un problème au niveau du caillebotis, soit le sol perforé. «Une des dalles est trop usée et quelques distributeurs de paille compactée n'en contenaient pas», poursuit le vétérinaire.

A Echallens, il est question d'insuffisance de l'intensité lumineuse. Dans une porcherie, une lumière artificielle complète l'éclairage naturel lorsqu'il est insuffisant. A Echallens, le minimum légal à ce niveau n'était pas atteint. Le SCAV a ordonné des corrections immédiates sur ces deux sites.

Echallens ferme

Dans un communiqué, le producteur annonce que le site d'Echallens fermera prochainement ses portes. Il indique en outre que cette fermeture était déjà prévue, mais elle se voit accélérée par l'actualité.

Un nouveau bâtiment «répondant aux critères de détention particulièrement respectueuse des animaux» est en cours de construction, poursuit-il. Début octobre, les derniers porcs devraient ainsi être évacués du site actuel.

Des cochons morts

Reste un point sensible pour le grand public et qui n'est, contre toute attente, pas dénoncé par le SCAV: les cadavres d'animaux visibles sur la vidéo. Des décès brutaux ne sont en effet pas «exceptionnels dans la phase d'engraissement», explique Giovanni Peduto.

Lorsque cela se produit, «le cadavre doit être évacué relativement rapidement». C'est ce qui a visiblement été fait dans ce cas précis. Et le Canton de préciser que tout risque pour le consommateur peut être écarté.

Contrôles obligatoires

Dans le canton de Vaud, environ 40'000 porcs sont recensés dans 200 porcheries. Tous les quatre ans au moins, un contrôle de la protection des animaux doit être effectué et le SCAV souligne qu'il procède chaque année à environ 800 examens de ce type. «Certains sont annoncés, d'autres pas», ajoute le vétérinaire.

L'an dernier, 39 porcheries ont été contrôlées et depuis 2012, un cinquième des inspections a mis en lumière des non-conformités. «La plupart que l'on peut qualifier de mineures», selon le Canton.

Au plénum

Sur le plan politique, plusieurs députés au Grand Conseil ont en outre empoigné le sujet après la diffusion de la vidéo de sept minutes mise en ligne par la Fondation MART (Mouvement pour les animaux et le respect de la Terre). Les Verts se disent ainsi «profondément choqués» par ces images.

Et de rappeler au Conseil d'Etat que le plénum a accepté l'an dernier un crédit de quatre millions pour soutenir la mise aux normes des porcheries vaudoises. Dans son communiqué, l'Etat souligne que «les porcheries sont régulièrement contrôlées et doivent répondre aux normes de l'ordonnance sur la protection des animaux».

Il ajoute que dès 2018, la modification de cette ordonnance amènera plusieurs améliorations. Parmi elles: l'augmentation de la surface par animal dans les installations.

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!