23.09.2015 à 10:42

Droits d'auteurPlainte déposée au nom d'un singe qui prenait des «selfies»

L'organisation de défense des animaux PETA a porté plainte devant un tribunal californien au nom de Naruto, arguant que ce macaque est «l'auteur et le propriétaire des photographies».

Le macaque Naruto avait pris plusieurs clichés alors que le photographe David Slater s'était absenté.

Le macaque Naruto avait pris plusieurs clichés alors que le photographe David Slater s'était absenté.

ARCHIVES - David Slater/Court exhibit provided by PETA

Des défenseurs des droits des animaux américains ont déposé une plainte iconoclaste mardi au nom d'un singe qui prenait des photographies de lui-même. Ils affirment que l'animal est propriétaire des clichés et non pas le photographe, dont il a utilisé l'appareil.

La célèbre association PETA (People for the Ethical Treatment of Animals), déjà connue pour ses coups d'éclat notamment dans la lutte contre les vêtements en fourrure, a porté plainte au tribunal fédéral de San Francisco au nom de Naruto, un macaque de six ans. L'organisation déclare ce dernier «l'auteur et le propriétaire des photographies».

«Notre argument est simple», a dit PETA dans sa plainte: «la loi américaine sur les droits d'auteur n'interdit pas à un animal de détenir de la propriété intellectuelle, et puisque Naruto a pris la photographie, les droits lui en reviennent, comme ce serait le cas pour un humain».

Un livre avec les «selfies» de Naruto

Les clichés incriminés ont été pris en 2011 sur l'île indonésienne de Sulawesi avec l'appareil de David Slater, un spécialiste des images de nature. Il a par la suite publié un livre de photographies contenant deux «selfies» pris par Naruto. L'éditeur de San Francisco, Blurb, est également poursuivi.

Si PETA obtient gain de cause, «ce sera la première fois qu'un animal est déclaré propriétaire plutôt que propriété», «qu'un droit est reconnu à un non-humain au-delà des premières nécessités comme la nourriture, le toit, l'eau et les soins vétérinaires», ajoute l'association.

David Slater affirme à l'inverse qu'il est le propriétaire des images étant donné qu'il a installé le trépied et s'est absenté quelques minutes, découvrant en revenant que le singe s'était emparé de son appareil photographique et avait commencé à appuyer sur le déclencheur.

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!