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Tort moralPlainte suisse contre Costa Croisières: premier échec

Un couple de Genevois naufragé du «Costa Concordia» avait saisi la justice contre la compagnie propriétaire du paquebot. Une première tentative de conciliation a échoué.

par
Benjamin Pillard
Le «Costa Concordia» s'échouait le 13 janvier dernier au large de l'île du Giglio, faisant 32 morts.

Le «Costa Concordia» s'échouait le 13 janvier dernier au large de l'île du Giglio, faisant 32 morts.

Keystone

«Les conseils de Costa se sont montrés inflexibles», dénonce Me Antoine Romanetti. Cet avocat représente les uniques rescapés suisses du «Costa Concordia» à avoir déposé plainte contre la compagnie italienne Costa Crociere SpA, propriétaire du paquebot, et sa filiale en Suisse, Corsa Croisières Sàrl. Les deux plaignants, un retraité brésilien et son épouse italienne domiciliés à Avully (GE), souffrent encore d’importantes séquelles psychologiques suite au naufrage de ce navire de croisière qui a fait 32 morts le 13 janvier dernier au large de l’île italienne du Giglio.

Lundi après-midi, dans la salle du tribunal civil genevois de première instance, aucun représentant de la compagnie italienne n’avait fait le déplacement pour une première séance de conciliation. «Mes mandants ont trouvé que leur absence était non pas un signe de mépris, mais une preuve que les dirigeants de Costa font peu de cas de leurs souffrances», nous confie Me Romanetti. Les défenseurs juridiques de Costa Croisières ont rejeté l’offre de l’avocat genevois, qui proposait que la compagnie verse à ses clients une provision de 8000 euros pour tort moral, plus 1000 euros de prise en charge de leurs frais de justice, avant qu’une commission d’experts examine leur dossier au cas par cas. Un traitement que d’autres passagers français du «Costa Concordia» avaient pourtant obtenu en France. «Le montant de dommages-intérêts demandé nous paraissait raisonnable, et en ligne avec les prétentions de certaines victimes françaises et des évaluations d’experts spécialisés en matière d’assurance et de réassurance protection & indemnity (P&I)», détaille le conseil du couple genevois. «Les défenseurs de Costa ont estimé que la souffrance morale des 14 victimes françaises n’avait rien à voir avec celle des naufragés vivant à Genève.» Les avocats de la compagnie italienne ont en revanche accepté de rencontrer une seconde fois le défenseur des naufragés genevois le 14 novembre.

En début d’année, les Genevois avaient refusé le forfait d’indemnisation de 11'000 euros proposé par la compagnie aux passagers du «Costa Concordia», jugé insuffisant.

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