06.10.2020 à 12:35

ValaisPlan cantonal en vue contre le harcèlement à l’école

Selon une enquête mandatée par le département valaisan de la formation, les écoliers risquent moins d’être harcelés physiquement qu’il y a 7 ans. Mais le harcèlement verbal continue.

Autre constat de l’étude, les écoliers valaisans passent parfois de victimes à bourreaux et inversement au fil de leur scolarité. 

Autre constat de l’étude, les écoliers valaisans passent parfois de victimes à bourreaux et inversement au fil de leur scolarité.

Keystone

Les écoliers valaisans ont moins de risque d’être harcelés physiquement par des camarades qu’il y a sept ans, selon une deuxième enquête mandatée par le département de la formation. En revanche, le harcèlement verbal et d’appropriation (racket, vol) n’a pas diminué.

Si le climat scolaire en Valais s’avère excellent (95,7% d’élèves se sentent bien en classe), une minorité d’élèves fait encore les frais de harcèlement par ses pairs. «Cette situation n’est pas tolérable: chaque élève harcelé en est un de trop», a répété mardi devant la presse le chef du département de la formation Christophe Darbellay. Le Valais planche donc désormais sur une politique cantonale de prévention et de lutte contre le harcèlement.

Violences verbales stables

En 2012, une première étude avait fait un état des lieux du harcèlement entre pairs en milieu scolaire auprès des classes 7-8H et des mesures avaient été prises notamment en renforçant la médiation scolaire. En 2019, une seconde étude, de plus grande envergure (de la 2H à la 10CO), confiée à la Haute école pédagogique du Valais (HEP-VS) a permis aux chercheurs de dégager l’évolution de la situation et de comprendre les rouages du phénomène.

Résultats, dans les classes 7-8H, les seules qui peuvent être pour l’heure comparées, le harcèlement physique est passé de 5,5% à 1,6%, le harcèlement à caractère sexuel de 5,8% à 0,4% et le cyberharcèlement de 2,2% à 0,7%. En revanche, les violences verbales (insultes, fausses rumeurs, etc.) sont restées relativement stables à 8% à l’école primaire. Au CO, ce taux est de 12,1%.

De victime à bourreau et inversement

Lors de cette seconde étude, «nous avons constaté que les élèves disposent désormais d’une certaine maîtrise du vocabulaire du harcèlement, ce qui n’était pas le cas en 2012. Ils peuvent mettre en mots ce qu’ils vivent», relève la professeure Zoe Moody, auteure de l’étude de la HEP-Valais.

En revanche, les établissements ne disposent pas de systématique d’intervention. D’un côté, le corps enseignant se sent désarmé, et de l’autre, les élèves ont l’impression que les adultes ne voient pas ce qui se passent, résume-t-elle en substance. Elle note aussi que les formes de harcèlement verbal et d’appropriation sont moins visibles et donc plus difficiles à détecter.

Autre constat de cette étude, les écoliers valaisans passent parfois de victimes à bourreaux et inversement au fil de leur scolarité. Par exemple, à l’école primaire ce sont les mauvais élèves qui sont stigmatisés, alors que plus tard, ce sont les bons élèves que l’on violente.

«Le harcèlement c’est une prise de pouvoir sur un groupe», explique encore Zoe Moody. Dans ce cadre, les enseignants ont un rôle essentiel car les remarques faites en classe ont un impact dans la cour d’école.

Créer des outils et des protocoles

Pour donner suite à cette seconde étude, le département de la formation a prévu quatre axes de mesures. Il s’agira notamment de sensibiliser pour que les acteurs continuent à avoir ou développent le vocabulaire nécessaire pour gérer ce genre de situation; de faire de la prévention en proposant des outils et des programmes pour aider les professionnels ou encore de créer des protocoles d’intervention.

«Nous voulons rendre visibles les conséquences de cette problématique qui portent le nom de décrochage scolaire, difficulté d’intégration dans la vie scolaire, puis professionnelle et qui a long terme ont un impact sur la santé publique», conclut Christophe Darbellay.

Au total, l’équipe de recherche de la HEP-Valais a sondé au printemps 2019, un total de 4652 élèves scolarisés en Valais (7-8H et 9-10CO) au moyen d’un questionnaire électronique. Elle a aussi mené des entretiens avec différents acteurs de l’école: 477 enfants entre 5 et 17 ans ainsi que 40 enseignantes et enseignants, médiateurs et médiatrices scolaires ainsi que psychologues.

(ATS/NXP)

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