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FootballPlatini dévoile son Euro 2020

Treize villes accueilleront le premier Euro décentralisé de l'histoire. La Suisse garde une chance d'être de la partie.

par
Patrick Oberli
Nyon
Pour le président de l'UEFA, Michel Platini, les 53 fédérations peuvent postuler pour accueillir une partie de la compétition.

Pour le président de l'UEFA, Michel Platini, les 53 fédérations peuvent postuler pour accueillir une partie de la compétition.

Reuters/Valentin Flauraud

Le voile est levé. L'Euro 2020 se jouera dans 13 villes et pays européens. Hier, à Nyon, le Comité exécutif (CE) de l'UEFA a livré les contours de la compétition qui, pour la première fois de son histoire, ne se déroulera pas entièrement dans un ou deux pays.

En l'état, l'instance faîtière du football européen en reste à la forme. «Le CE a accepté un certain nombre de principes et le calendrier. Mais, à voir l'attitude des représentants des fédérations nationales dans les commissions, je pense qu'il y a beaucoup d'intérêt. Je crois que cela en vaut la peine d'être candidat», a relaté fièrement le président de l'UEFA, Michel Platini, à l'origine de l'idée. La compétition regroupera 24 équipes, réparties en six groupes.

Toute l'Europe

Selon les plans de l'UEFA, chacune des 53 associations a la possibilité de se porter candidate, de la plus grande à la plus petite, pour l'un des treize «lots» que l'organisateur mettra au concours en septembre prochain. Mais chaque nation ne pourra pas obtenir plus d'un paquet. Ceux-ci se composeront de quatre matches, à l'exception de la ville qui accueillera le dernier feu d'artifice, à savoir les demi-finales et finales, qui se joueront au même endroit. Les villes seront désignées par l'instance suprême de l'UEFA en septembre 2014.

Si le concours est ouvert à tous, tous les candidats ne seront pas égaux. Ne serait-ce que face au premier critère de sélection: la capacité des stades. Ainsi la phase terminale de la compétition ne pourra se dérouler que dans une enceinte offrant au moins 70'000 places, ce qui limite les possibilités. L'UEFA exige également des stades d'au moins 50'000 places pour les lots «phases de groupe et 16es et 8es de finale». Néanmoins, pour tenir sa promesse d'accessibilité à tous, les dirigeants de l'UEFA ont décidé d'accepter deux exceptions. Mais celles-ci devront offrir au minimum un stade de 30'000 places.

La Suisse peut y réfléchir

Ce sera d'ailleurs dans cette dernière catégorie que la Suisse devra concourir si elle entend participer à la fête, comme la rumeur l'avait laissé entendre au mois de novembre 2012 quand le nom de Bâle avait été évoqué. Avec 38'500 places (42'500 durant l'Euro 2008), le Stade Saint-Jacques est en effet le plus grand du pays.

Interrogé par Sportinformation, Peter Gilliéron, président de l'Association suisse de football, s'est réjoui de cette ouverture vers les petits, mais sans plus: «Cela signifie qu'une candidature suisse est possible. Mais beaucoup de détails techniques ne sont pas encore connus.» Théoriquement, le Stade de Suisse à Berne, avec 31'783 sièges, et le Stade de Genève, d'une capacité de 30'084 places, remplissent également ce critère de base.

Si une candidature helvétique est envisageable, la concurrence sera terrible. Car nombre de pays, qui n'ont pas les moyens d'organiser une compétition entière, entendent bien saisir cette opportunité unique d'accueillir un bout d'Euro. Sans compter qu'il faudra solliciter l'appui des autorités publiques. Une gageure, surtout si la candidature des Grisons pour les Jeux olympiques de 2022, dont les coûts sont déjà critiqués, poursuit sa route et aboutit.

La bataille s'annonce également ardue pour le lot «demi-finales et finales». Londres, avec Wembley, est, selon la presse britannique déjà sur les rangs. Mais ses concurrents s'annoncent sérieux. Avec au premier rang la Turquie, qui s'était portée candidate à l'organisation entière de l'Euro 2020, avant que le projet européen ne lui coupe l'herbe sous les pieds. D'ailleurs Michel Platini n'a, hier, pas fait de mystère: «Si Istanbul n'obtient pas les JO 2020, c'est clair: je voterai pour cette ville. Par contre, si la Turquie devait obtenir les JO, elle ne recevra pas l'Euro.» Avant de préciser, prudemment, qu'il ne sera pas seul à voter.

Au-delà des stades, l'UEFA a également arrêté quelques éléments organisationnels. Comme le fait qu'aucune nation ne sera qualifiée d'office. Ou encore que deux équipes nationales au maximum par groupe pourront jouer à domicile. Enfin, dans l'idéal, que les deux villes accueillant les matches d'un même groupe ne devraient pas être éloignées de plus de deux heures d'avion «pour faciliter le déplacement des supporters». Voilà qui ouvre la porte à d'autres critères de sélection, pas encore connus, mais qui pourraient bien réduire encore le nombre de prétendants acceptables. L'un d'eux déjà évoqué dans les médias? Disposer de deux aéroports, ou de un, mais avec au moins deux terminaux. Histoire d'être capable de séparer les fans tout au long de leurs migrations.

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