Actualisé 28.10.2019 à 17:48

SyriePluie de réactions après la mort de Baghdadi

Le décès du chef de l'EI a réjouit l'Arabie saoudite. La Turquie a quant à elle affirmé avoir prêté main forte aux Américains.

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L'armée russe a annoncé qu'un cessez-le-feu était entré en vigueur dans la région d'Idleb, province dominée par des djihadistes dans le nord-ouest de la Syrie, conformément à un accord russo-turc. (Jeudi 9 janvier 2020)

L'armée russe a annoncé qu'un cessez-le-feu était entré en vigueur dans la région d'Idleb, province dominée par des djihadistes dans le nord-ouest de la Syrie, conformément à un accord russo-turc. (Jeudi 9 janvier 2020)

Keystone
Le nouveau chef du groupe jihadiste Etat islamique (EI) est un «parfait inconnu», a déclaré mercredi un haut responsable américain. (Mercredi 6 novembre 2019)

Le nouveau chef du groupe jihadiste Etat islamique (EI) est un «parfait inconnu», a déclaré mercredi un haut responsable américain. (Mercredi 6 novembre 2019)

Le président Recep Tayyip Erodgan a déclaré que la Turquie avait capturé l'épouse d'Abou Bakr al-Baghdadi, le chef du groupe Etat islamique (EI). (Mercredi 6 novembre 2019)

Le président Recep Tayyip Erodgan a déclaré que la Turquie avait capturé l'épouse d'Abou Bakr al-Baghdadi, le chef du groupe Etat islamique (EI). (Mercredi 6 novembre 2019)

La mort, dans une opération américaine, du chef du groupe Etat islamique (EI) Abou Bakr al-Baghdadi a provoqué lundi une pluie de réactions. La Turquie a notamment assuré s'être coordonnée avec les Américains, alors que Ryad s'est félicitée de son décès.

Ankara a affirmé que ses services de renseignement et ses militaires avaient eu des contacts «intenses» avec leurs homologues américains dans la nuit où s'est déroulée l'opération. «Ils se sont coordonnés», a déclaré le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin, lors d'une intervention télévisée à Ankara.

Le président américain Donald Trump a annoncé dimanche la mort d'Abou Bakr al-Baghdadi lors d'un raid au cours de la nuit précédente dans le nord-ouest de la Syrie, à quelques kilomètres à peine de la frontière turque. La mort du dirigeant de l'EI est «une victoire», a salué M. Kalin, ajoutant qu'Ankara allait poursuivre sa «lutte efficace» contre l'«idéologie dévoyée» du groupe djihadiste.

Turcs et Kurdes remerciés

Longtemps soupçonnée d'avoir laissé les djihadistes traverser sa frontière pour rejoindre la Syrie après le début du conflit qui déchire ce pays depuis 2011, la Turquie, frappée par plusieurs attentats commis par l'EI, a rejoint en 2015 la coalition antidjihadiste.

L’endroit où le chef de l’EI a été tué

Mais Ankara a été accusé ces dernières semaines d'affaiblir la lutte contre les éléments dispersés de l'EI en lançant, le 9 octobre, une offensive contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), fer de lance du combat contre l'organisation djihadiste. Alors que M. Trump a remercié dimanche les forces kurdes, ainsi que la Turquie, dans son allocution sur l'opération contre Baghdadi, M. Kalin a dénoncé les déclarations faisant état d'une contribution des YPG dans la mort du chef de l'EI.

«Certains prétendent qu'ils ont partagé des renseignements ou aidé à l'opération, mais c'est une manœuvre visant à légitimer le groupe terroriste YPG (...) Ces efforts visant à les légitimer sont inacceptables», a dit M. Kalin.

«Défigurer l'image» de l'Islam

L'Arabie saoudite s'est félicitée de son côté de la mort d'Abou Bakr al-Baghdadi. «Le gouvernement saoudien apprécie les efforts énormes de l'administration américaine qui a pourchassé les membres de (l'EI) qui s'est employé à défigurer l'image de l'islam et des musulmans à travers le monde», a déclaré un porte-parole du ministère saoudien des Affaires étrangères.

Il a assuré que Ryad «continuera, avec ses alliés et à leur tête les Etats-Unis, à combattre le terrorisme, à tarir ses sources et à combattre son idéologie terroriste». Pour le Kremlin, la mort du chef de l'EI serait «une importante contribution» à la lutte contre le terrorisme, si elle devait être confirmée. «Cette information ne peut pas en soit provoquer de réaction négative du pouvoir russe», a encore commenté le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov.

M. Peskov a par ailleurs reconnu que les militaires russes ont «en effet vu dans la zone des avions américains, des drones américains». Dimanche soir, le ministère russe de la Défense disait n'avoir «pas d'informations fiables sur les actions de l'armée américaine dans la zone de désescalade d'Idleb», où al-Baghdadi se cachait selon Washington.

Deux hommes capturés par les Américains pendant l'opération contre Baghdadi

Deux hommes ont été capturés lors du raid américain contre Abou Bakr al-Baghdadi qui a conduit à la mort du chef du groupe Etat islamique (EI) dans la nuit de samedi à dimanche, a affirmé lundi le chef d'état-major de l'armée américaine, le général Mark Milley.

«Deux hommes ont été capturés» lors de l'assaut et «nous les détenons dans un endroit sécurisé», a déclaré le général Milley lors d'une conférence de presse au Pentagone où il a donné des détails sur l'opération menée samedi dans le nord-ouest de la Syrie.

Trump envisage de publier une vidéo du raid

Donald Trump envisage de publier des extraits de la vidéo du raid américain contre Abou Bakr al-Baghdadi, qui a conduit à la mort du chef du groupe Etat islamique (EI), a annoncé lundi le président américain. «Nous y pensons, c'est possible», a déclaré M. Trump depuis la base aérienne d'Andrews, près de Washington.«Nous pourrons prendre des extraits et les publier», a ajouté le milliardaire républicain, qui a annoncé dimanche au monde entier la mort du «calife» autoproclamé de l'EI, homme le plus recherché du monde.

Lors de son allocution télévisée, le président américain a livré un récit détaillé du raid au cours duquel le chef de l'EI a été acculé par les forces américaines avant de se faire sauter avec sa ceinture d'explosifs. «Il n'est pas mort comme un héros, il est mort comme un lâche» et «comme un chien» a martelé Donald Trump, tout en affirmant qu'Abou Bakr al-Baghdadi avait «couru dans un tunnel sans issue, gémissant, pleurant et criant». Le président américain a expliqué avoir visionné en temps réel le raid américain depuis la Maison Blanche.

(ats)

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