Thaïlande - Plus de 110 militants pro-démocratie inculpés pour lèse-majesté en un an

Publié

ThaïlandePlus de 110 militants pro-démocratie inculpés pour lèse-majesté en un an

En Thaïlande, critiquer le roi ou sa famille est passible de prison. Les manifestants prodémocratie sont poursuivis sur cette base.

Les manifestations ont commencé il y a un an mais ont perdu de la force à cause de la crise sanitaire. 

Les manifestations ont commencé il y a un an mais ont perdu de la force à cause de la crise sanitaire.

AFP

Plus de 110 militants prodémocratie ont été inculpés pour lèse-majesté en Thaïlande depuis le début du mouvement qui a démarré l’été dernier pour réclamer une réforme en profondeur de la monarchie, un sujet jusque-là tabou, a indiqué leur avocat mardi à l’AFP. La plupart ont été libérés sous caution dans l’attente de leur procès.

L’article 112 du code pénal sur la diffamation du puissant roi de Thaïlande et de sa famille «n’est pas compatible avec le monde moderne», a déploré leur avocat Krisadang Nutcharut. «Des sanctions peuvent être prévues, mais elles doivent être raisonnables», a ajouté le conseil qui aide l’association Thai Lawyers for Human Rights (TLHR). Les accusés, des jeunes pour la plupart dont au moins huit mineurs, risquent pour chaque chef d’accusation de lèse-majesté une peine de trois à quinze ans de prison.

Un des leaders du mouvement pro-démocratie, Parit Chiwarak dit «Penguin», a été inculpé ces derniers mois à 20 reprises sur le fondement de l’article 112 et encourt donc au moins 60 ans de détention. Un autre un minimum de 39 ans de prison. En 2017, le rapporteur spécial de l’ONU David Kaye avait exhorté les autorités thaïlandaises à ne plus recourir à ce texte qui «n’a pas sa place dans un pays démocratique». Il n’avait plus été utilisé de 2018 à 2020.

Contestation politique impossible

Des manifestations de grande ampleur ont éclaté à partir de l’été dernier en Thaïlande pour réclamer notamment l’abolition de ce texte, utilisé pour étouffer toute contestation politique selon ses détracteurs. Les protestataires demandent également une refonte de la constitution et la démission du Premier ministre Prayut Chan-O-Cha, un général qui s’est emparé du pouvoir, à la faveur d’un coup d’Etat en 2014, et qui a été légitimé par des élections controversées, cinq ans plus tard.

Le mouvement s’est affaibli depuis le début de l’année. En cause: les restrictions sanitaires mises en place face à l’épidémie de coronavirus et la répression judiciaire à l’encontre des manifestants. Plusieurs centaines ont été inculpés d’autres infractions, notamment de sédition. Sollicité, le porte-parole du gouvernement n’était pas disponible dans l’immédiat pour commenter ces informations.

()

Ton opinion

0 commentaires