Football: Plus de 150 000 juniors privés de matches, un terrible crève-coeur
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FootballPlus de 150 000 juniors privés de matches, un terrible crève-coeur

Le foot amateur ne devrait pas reprendre en Suisse cette saison. Pour certains gamins, c'est un drame!

par
Sport-Center
Les quelque 150 000 juniors suisses seront privés de matches jusqu'à la fin de l'été.

Les quelque 150 000 juniors suisses seront privés de matches jusqu'à la fin de l'été.

Keystone

La décision n'est pas encore tout à fait officielle, puisqu'elle doit encore être entérinée par l'Association suisse de football (ASF), dans le courant de la semaine. Mais tout indique que le football de base ne reprendra pas ses droits avant l'été. La ligue amateur et les treize associations régionales, réunies samedi matin au Mont, ont enjoint – à l'unanimité – la fédération à mettre un terme définitif aux championnats en cours, sans trophée ni promotion. Saison blanche. Le verdict concernerait toutes les ligues, de la 2e interrégionale à la 5e, les femmes comme les messieurs, les seniors comme les juniors.

Il ne s'agit évidemment pas de remettre en question la tendance, on ne peut plus logique vu les circonstances. Mais alors que depuis des semaines, on voit le monde du foot business trembler pour ses dollars, on ne peut s'empêcher d'avoir une pensée émue pour le foot des talus, qui s'apprête donc à voir cette saison 2019/20 définitivement rayée des tabelles. Au-delà des présidents qui se sentiront lésés (on était si bien placés pour cette promotion en 3e ligue…), des vétérans dont les organismes se gripperont un peu, on songe avant tout aux enfants.

En Suisse, plus de 150 000 juniors auront donc été sevrés de «vrais matches» entre la fin du premier tour (fin novembre au mieux) et, si tout va bien, la reprise de fin-août. Une affreuse éternité, un innommable crève-cœur que seuls peuvent comprendre celles et ceux qui ont aimé le foot entre 7 et 16 ans. Parce qu'à cet âge-là, quand on aime, c'est sans concession, éperdument. On n'a pas de plaisir à jouer. On en a besoin. On ne mord pas dans le ballon, on dort avec.

Plus d'un semestre sans match, sans le rituel du vestiaire, ni les joies et tristesses du terrain – sans compter la dépense physique, malgré les compensations dans le jardin ou sur le parking... Quel vide, quelle horreur! Non, quand je repense au coup de poignard que je ressentais, gamin, à l'heure d'apprendre un samedi matin qu'un match était reporté faute de terrain inondé, les mots ne sont pas trop forts. La vie sans le foot, sans les copains, c'est – on ne peut pas dire autrement – l'horreur. Plus d'adrénaline, plus d'endorphine, plus de rires, juste l'attente. Une si longue attente qui, puisqu'il faut bien positiver, aura un immense avantage: quel pied, le jour où ça recommencera!

Simon Meier

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