18.08.2018 à 22:23

ItaliePlus de 170 migrants bloqués depuis 48 heures

Un navire se retrouvait coincé, samedi, entre Malte et l'île italienne de Lampedusa avec 177 migrants à son bord.

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Trente-quatre personnes, en majorité des femmes, ont perdu la vie lors du naufrage d'une embarcation clandestine de migrants au large des îles Kerkennah en Tunisie. Douze corps supplémentaires ont été retrouvés mercredi. (10 juin 2020)

Trente-quatre personnes, en majorité des femmes, ont perdu la vie lors du naufrage d'une embarcation clandestine de migrants au large des îles Kerkennah en Tunisie. Douze corps supplémentaires ont été retrouvés mercredi. (10 juin 2020)

Keystone
Les gardes-frontières iraniens sont accusés d'avoir refoulé des migrants Afghans qui seraient morts noyés. L'Iran nie ces accusations. (Vendredi 8 mai 2020)

Les gardes-frontières iraniens sont accusés d'avoir refoulé des migrants Afghans qui seraient morts noyés. L'Iran nie ces accusations. (Vendredi 8 mai 2020)

AFP
Le bébé d'une migrante africaine est né et mort pendant la traversée entre l'Afrique et l'archipel espagnol des Canaries, à bord d'une embarcation de fortune. (Mercredi 8 janvier 2019) (Image d'illustration)

Le bébé d'une migrante africaine est né et mort pendant la traversée entre l'Afrique et l'archipel espagnol des Canaries, à bord d'une embarcation de fortune. (Mercredi 8 janvier 2019) (Image d'illustration)

AFP

Un navire des garde-côtes italiens était bloqué depuis 48 heures au large de Lampedusa avec à bord 177 migrants secourus entre Malte et l'île italienne et que personne ne veut laisser débarquer.

Le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini (extrême droite), avait fait part de son courroux jeudi devant l'initiative des garde-côtes italiens, qui sont intervenus sur un bateau relevant selon lui des autorités maltaises.

L'embarcation avec 190 migrants à bord est en effet passée mercredi par la zone de recherches et de secours (SAR) maltaise, mais selon La Valette, les personnes à bord ont refusé toute aide et poursuivi leur route vers Lampedusa.

Ils ont ensuite été pris en charge dans la nuit de mercredi à jeudi par le navire Diciotti des garde-côtes italiens, qui ont évacué en urgence 13 personnes vers l'hôpital de Lampedusa, mais attendent depuis jeudi soir au large de l'île italienne l'autorisation de débarquer les autres.

Des précédents

En juillet, le Diciotti, envoyé surveiller de loin 450 migrants entassés sur une barque de pêche entre Lampedusa et Malte, les avait déjà recueillis alors que le gouvernement leur demandait d'attendre que Malte s'en charge.

«Nous sommes des marins, des marins italiens. Nous avons 2000 ans de civilité derrière nous et ces choses-là, nous les faisons», avait déclaré quelques jours plus tard le commandant des garde-côtes, l'amiral Giovanni Pettorino, sans pour autant faire directement référence à l'incident.

Les 450 migrants étaient restés trois jours à bord du Diciotti, jusqu'à ce que Matteo Salvini les laisse débarquer en Sicile après avoir obtenu que d'autres Etats européens en accueillent une partie. Parallèlement, plusieurs navires d'ONG ont débarqué des migrants à Malte ces dernières semaines après un accord de répartition.

Selon des médias italiens, le ministre des Affaires étrangères, Enzo Moavero, a entamé des discussions avec d'autres pays européens pour une solution similaire.

«Informations urgentes»

Dans un courrier adressé à l'amiral Pettorino et cité par plusieurs médias, le garant italien des libertés, Mauro Palma, a demandé des «informations urgentes» sur une situation qui s'apparente selon lui à une privation de liberté.

Il précise que sa lettre vise à protéger les migrants, les secouristes mais aussi l'Italie, «qui pourrait être appelée à répondre devant des instances internationales d'éventuelles omissions».

Depuis l'entrée en fonctions de Matteo Salvini début juin et la mise en application de son slogan «Ports fermés, coeurs ouverts», de nombreux navires humanitaires, militaires et commerciaux ayant recueilli des migrants cet été dans les eaux internationales au nord de la Libye ont dû patienter de longues journées avant de pouvoir les débarquer.

(AFP)

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