17.01.2012 à 15:25

Site de NyonPlus de 300 employés de Novartis sauvent leurs postes

Novartis ne fermera finalement pas son site de production de Prangins (VD), près de Nyon, et sauve ainsi 330 emplois dans le canton de Vaud.

Dans le canton de Vaud, les collaborateurs de Novartis peuvent être soulagés.

Dans le canton de Vaud, les collaborateurs de Novartis peuvent être soulagés.

Keystone

Novartis a annoncé mardi à Berne, qu'il ne fermera pas son site de production de Prangins et réduit au minimum les licenciements sur le site bâlois. Les autorités vaudoises et bâloises ont exprimé leur «grande satisfaction».

Cette décision intervient suite à une série de négociations entre la direction de Novartis, les autorités vaudoises et bâloises et le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco). Pour mémoire, l'entreprise annonçait le 25 octobre dernier, en même temps que d'excellents chiffres trimestriels, la suppression de 1100 emplois en Suisse et 900 aux Etats-Unis.

Novartis invoquait la pression à la baisse sur les prix des médicaments et d'autres produits de santé.

Geste du canton de Vaud

Les négociations ont débouché sur la finalisation d'un accord entre les différentes parties. Les employés de Novartis ont accepté d'augmenter leur temps de travail. De son côté, en accord avec la commune de Prangins, le canton de Vaud s'est engagé à faciliter la valorisation de terrains appartenant à l'entreprise: un changement d'affectation des parcelles permettra d'y réaliser des logements.

Le canton soutiendra et facilitera également une collaboration scientifique entre Novartis, l'EPFL et les universités de Genève et de Lausanne. L'ensemble de ces mesures confirment le potentiel et la viabilité économique du site.

Le Conseil d'Etat a salué mardi «l'esprit constructif» qui a prévalu au sein du groupe de travail et s'est félicité de «l'issue positive du dossier». Le gouvernement vaudois estime que la décision de Novartis, qui permet d'éviter 330 licenciements entre 2013 et 2016 «va dans le sens de la tradition de partenariat social et confirme la culture de paix du travail, qui est l'un des atouts majeurs de la place économique suisse.»

Plan social

Le gouvernement bâlois s'est de son côté également réjoui de ce que le nombre de licenciements soit réduit au minimum sur le site de Bâle. Il a aussi pris connaissance du fait qu'un plan social sera proposé pour les employés touchés par les réductions de postes.

Novartis a réaffirmé son engagement pour le maintien de son siège principal et mondial à Bâle et pour le projet d'un campus à Bâle en 2013.

Novartis emploie quelque 96'700 personnes dans 140 pays. Près d'un quart des collaborateurs du groupe sont basés aux Etats-Unis. Le 13 janvier dernier, le géant pharmaceutique a encore annoncé qu'il allait supprimer 1960 postes aux États-Unis. La mesure est notamment liée à la perte de brevet sur un médicament contre l'hypertension. Elle prendra effet au second trimestre et doit permettre d'économiser 450 millions de dollars par an d'ici à l'année prochaine.

Unia se réjouit

Unia s’est réjoui mardi d’un «succès historique». Ce résultat a pu être obtenu grâce à la grève du 16 novembre, à des manifestations couronnées de succès à Bâle et Nyon, ainsi que par des propositions alternatives constructives, écrit Unia dans un communiqué. Le soutien de la population et des autorités a aussi été déterminant. «Sans la mobilisation dès le premier jour du personnel, du syndicat et de la population, le site aurait été fermé. Les gens sur place étaient convaincus que la fermeture de ce site rentable était injustifiée», a souligné Yves Defferrard, responsable du secteur industrie chez Unia Vaud.

«On est arrivé à fédérer tout le monde. Les autorités, mais aussi des médecins qui ont boycotté la firme, des actionnaires. Le mouvement a essaimé sur Facebook. Même le New York Times a traité le sujet. Nous allons maintenant prendre le temps de savourer la victoire et de sabrer le champagne avec le personnel de l’usine», a renchéri Jean Kunz, secrétaire régional.

Ce résultat est inespéré si l’on tient compte de la situation de départ. Il n’était pas évident que David fasse plier Goliath, a encore relevé Jean Kunz.

Source: ats

(AP)

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