02.08.2016 à 16:58

RéfugiésPlus de 4000 migrants morts depuis début 2016

Le bilan le plus lourd est enregistré sur la route de la Méditerranée, selon des chiffres de l'OIM.

L'Afrique du Nord a été la seconde voie la plus dangereuse pour les migrants.

L'Afrique du Nord a été la seconde voie la plus dangereuse pour les migrants.

Archives, Reuters

Plus de 4000 migrants et réfugiés ont perdu la vie depuis le début de l'année, a annoncé mardi l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Ce chiffre représente une hausse de 26% par rapport à la même période de l'an dernier.

Au total, 4027 migrants ont péri en tentant de traverser la Méditerranée, mais aussi sur les routes d'Afrique du Nord et à la frontière turco-syrienne, a indiqué un communiqué de l'agence basée à Genève. Le bilan le plus lourd a été enregistré en Méditerranée, avec un total de 3120 morts entre le 1er janvier et le 31 juillet, selon l'OIM.

La route maritime la plus périlleuse reste la traversée vers l'Italie, qui a coûté la vie à 2692 personnes, loin devant les itinéraires vers la Grèce (383 morts) et vers l'Espagne (45 morts).

Méditerranée

L'OIM a relevé mardi son bilan des disparitions en Méditerranée après la découverte récente de 120 corps sur les plages de la ville libyenne de Sabrata.

La semaine dernière, 87 corps avaient été retrouvés échoués sur la côte de cette ville située à 70 km à l'ouest de Tripoli. Trente-trois autres cadavres de migrants ont été découverts au cours des derniers jours.

Ni l'OIM, ni les garde-côtes libyens - qui ont été les premiers à signaler la présence de ces corps devant Sabrata - n'ont pu indiquer si ces disparitions sont la conséquence d'un ou de plusieurs naufrages d'embarcations de migrants. Selon le porte-parole de l'OIM, Joel Millman, les passagers tentaient vraisemblablement de rejoindre l'Italie.

Victimes des passeurs

A part la Méditerranée, l'Afrique du Nord a été cette année la région la plus dangereuse pour les candidats à l'émigration, avec 342 morts.

Ces migrants ont été victimes de passeurs ou des «autorités nationales», a précisé l'OIM, en mettant en garde contre le nombre croissant de décès violents sur les routes traversant l'Afrique du Nord.

Les migrants et réfugiés venant de Syrie ont également payé un lourd tribut en tentant de traverser la Turquie. Depuis le début de l'année, 64 demandeurs d'asile syriens ont été tués par des garde-frontières turcs, selon l'OIM.

Le président tchèque opposé à «tout accueil»

Milos Zeman est opposé au projet du gouvernement d'accueillir d'ici à 2017 dans le cadre du programme de relocalisation de quelque 2700 réfugiés se trouvant actuellement dans des pays méditerranéens. Il redoute des attaques terroristes.

«Notre pays ne peut pas se permettre de risquer des attaques terroristes comme celles qui ont été perpétrées en France et en Allemagne», a affirmé mardi le porte-parole du chef de l'Etat, Jiri Ovcacek.

«Autrement dit, par l'accueil des migrants, nous créerions un bouillon de culture (propice) à des attaques terroristes sur le territoire de la République tchèque», a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse retransmise en direct par la chaîne de télévision publique CT 24.

Immigration «incontrôlable»

La République tchèque devrait accueillir au total 2691 réfugiés d'ici à 2017, selon le gouvernement de centre-gauche du Premier ministre social-démocrate Bohuslav Sobotka. Dans un premier temps, le cabinet s'est volontairement engagé à accueillir 1100 réfugiés en provenance d'Italie et de Grèce, dans le cadre du programme de relocalisation.

L'afflux des migrants en Europe est «absolument incontrôlable et non-contrôlé», a affirmé Jiri Ovcacek. Il réagissait à la question d'une journaliste de savoir si Milos Zeman était prêt à accueillir ces réfugiés qui ont fui la guerre et qui se trouvent déjà en Europe.

«Il faut l'avouer et on le voit aussi en Allemagne, que nous ne sommes pas capables de faire la distinction entre les migrants économiques et les réfugiés (fuyant une situation) de guerre», a dit le porte-parole.

Non à la «culture de bienvenue»

Connu pour son hostilité à l'immigration, Milos Zeman avait déjà épinglé dimanche la politique de la main tendue aux réfugiés prônée par la chancelière allemande Angela Merkel, allant jusqu'à la qualifier de «dénuée de sens».

«Je pense que la chancelière devrait changer d'opinion. Elle devrait reconnaître que la 'Wilkommenskultur' («la culture de bienvenue», ndlr) s'est avérée dénuée de sens et que l'Allemagne n'est pas capable d'absorber une telle quantité de réfugiés, surtout s'il y a des djihadistes parmi eux», a dit le chef de l'Etat tchèque.

(ats)

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