Motocyclisme: Plus dure sera la chute

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MotocyclismePlus dure sera la chute

Le circuit de Brno a souvent souri aux pilotes suisses. Mais en 2019, il a été très sévère avec Lüthi et Aegerter.

par
Jean-Claude Schertenleib
Brno

Deux hommes, deux destins, deux week-ends à oublier. Thomas Lüthi, d'abord. Arrivé en République Tchèque, sur un tracé qui convient habituellement à son pilotage, avec 8 points de retard sur le leader du championnat Moto2, Alex Marquez, Lüthi espérait logiquement montrer à la première occasion post-vacances, de quel bois il pouvait encore se chauffer. Raté. Totalement raté.

Samedi, pendant que Marquez jouait au poker gagnant, Tom n'a pas voulu prendre le risque. Trop sage, notre champion? Peut-être pas, lorsqu'on sait que, déjà, il avait de sérieux doutes quant à ses possibilités en course: «L'arrivée, dès Jerez de la Frontera, de nouveaux pneus – plus larges – a agi chez nous comme un signal stop. Lors des derniers essais hivernaux, et lors des trois premières courses de la saison, avec Marcel Schrötter, nous étions le team à battre. Mais l'équilibre, la balance idéale, nous n'avons pas pu la transposer avec les nouvelles gommes. Donc, on doit encore travailler», explique Lüthi.

Qui avouera même que sa mauvaise qualification (12e, soit quatrième ligne) n'a été qu'une conséquence secondaire de sa course difficile et bien trop courte: «Même si j'étais parti de la pole, je n'avais pas le «package» pour jouer la gagne, car je souffre encore beaucoup trop aux freinages.»

A Brno, sa course s'est terminée au quatrième tour. Alors qu'Alex Marquez était, déjà, bien seul en tête. Et dimanche prochain, c'est le Red Bull Ring, près de Zeltweg, «le» circuit de la saison pour les gros freineurs. Il faudra donc trouver des solutions...

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AEGERTER EST DEVENU TRANSPARENT

Vingt-et-unième, jamais en position d'espérer ne serait-ce qu'un petit point (les 15 premiers en marquent): Dominique Aegerter est bien devenu transparent. Il y a même désormais un côté pathétique à le voir, plus encore à l'écouter, lui qui est toujours persuadé qu'il va trouver des solutions intéressantes pour son futur dans le paddock Moto2, sans devoir débourser les sommes qu'il a dû sortir ces dernières années.

Malheureusement, l'économie a ses propres lois, dont la plus connue est celle de l'offre et de la demande: moins il y a de places, plus elles deviennent chères. Et des places en Moto2, l'an prochain, il y en aura moins. Selon certaines sources, une première équipe aurait été officiellement prévenue, ce dimanche à Brno, qu'elle ne serait plus présente en 2020: il s'agit du team allemand Kiefer, qui aligne cette année Lukas Tulovic et pour qui Dominique Aegerter avait travaillé ces deux dernières saisons.

MV-Agusta? Une des places du team Forward pourrait être remise elle aussi en question, comme une des places de l'American Team, né sur les cendres encore brûlantes – financièrement parlant – de feu la dream team suisse. L'automne risque d'être pesant dans le paddock.

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ET PENDANT CE TEMPS-LÀ...

Et puis, pendant ce temps-là, les Marquez poursuivent leur festival. Selon un scénario désormais bien réglé: peu après 13 heures, quand Alex arrive en vainqueur dans le parc fermé au pied du podium, on voit Marc en civil venir l'embrasser et papa Juliá baiser la main du lauréat.

Alex Marquez sur le podium

Deux heures plus tard – plus, à Brno, le départ MotoGP ayant été retardé -, c'est le contraire: Marc, en combinaison de cuir, est accueilli par Alex, désormais en civil, qui l'embrasse. Et papa Juliá baise la main du lauréat. 50 points pour eux en Allemagne avant les vacances, 50 points pour eux à Brno pour la reprise. Et ça n'est pas fini...

Marc Marquez... aussi sur la plus haute marche du podium

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NE PAS FRAPPER SON ÉQUIPIER

La scène n'a pas échappé au Collège des commissaires, où siège notamment Freddie Spencer: en bagarre dans le peloton Moto3, les deux équipiers du team Estrella Galicia, Alonso Lopez et Sergio Garcia, se sont retrouvés au sol. Problème: en se relevant, Lopez a expliqué avec force gestes de ses bras et un début de body-check sa version des choses à son compagnon de stand. Pas beau pour l'image. Conséquence: le frappeur prendra le départ du GP d'Autriche, dimanche prochain, du couloir des stands, soit derrière tout le monde.

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