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Afrique du SudPlusieurs mineurs grévistes tués lors d'un assaut de la police

Plusieurs mineurs grévistes ont été tués jeudi lors d'un violent affrontement avec la police à la mine de platine de Marikana en Afrique du Sud, où des violences liées à un conflit social avaient déjà fait 10 morts depuis dimanche.

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«Rappelez-vous de Marikana, respectez les droits humains». Sur cette affichette brandie par un manifestant qui dénonce les violences meurtrières lors d'une journée de commémoration du massacre de Marikana durant lequel trente quatre mineurs avaient été tués par la police lors d'une longue grève violemment réprimée. (16 août 2015)

«Rappelez-vous de Marikana, respectez les droits humains». Sur cette affichette brandie par un manifestant qui dénonce les violences meurtrières lors d'une journée de commémoration du massacre de Marikana durant lequel trente quatre mineurs avaient été tués par la police lors d'une longue grève violemment réprimée. (16 août 2015)

AFP
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«Oui, des gens ont perdu la vie», a déclaré par sms le porte-parole du ministère de la Police Zweli Mnisi, première source officielle à faire état de morts, sans toutefois donner de chiffres. Un photographe avait pu photographier cinq corps ensanglantés de mineurs grévistes juste après l'échange de tirs, sans pouvoir dire avec certitude si les victimes étaient mortes ou blessées.

«Le ministère considère que, compte tenu de la volatilité de la situation, la police a fait de son mieux», a indiqué par ailleurs Zweli Mnisi dans un communiqué, précisant que le ministère avait l'intention de demander l'ouverture d'une enquête sur les événements de la mine de Marikana.

«Ce qui s'est passé aujourd'hui (...) n'aurait pas dû arriver dans une démocratie, parce que le droit de manifester est un droit légal et constitutionnel reconnu à chaque citoyen», a admis Zweli Mnisi, «cependant, nous avions une situation où les gens étaient armés jusqu'aux dents, s'attaquaient et se tuaient les uns les autres».

Barres de fer et machettes

Jeudi matin, plusieurs centaines d'hommes armés de gourdins, de barres de fer et de machettes s'étaient de nouveau regroupés à l'extérieur de la mine, exploitée par Lonmin.

Les grévistes réclamaient d'importantes augmentations de salaire.

Dans la journée, la direction de la mine leur a intimé l'ordre de reprendre le travail vendredi, menaçant de licencier les récalcitrants.

Face au refus des mineurs de se disperser, la police a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc. Selon plusieurs témoignages, des mineurs ont répliqué avec des armes à feu.

Gillian Findlay, la porte-parole de Lonmin, l'entreprise qui extrait le platine de Marikana, s'est refusée à tout commentaire à chaud. «C'est vraiment une opération de police, c'est donc plutôt à eux de commenter leur opération», a-t-elle dit.Ces incidents surviennent après des violences qui ont fait dix morts depuis dimanche.

Grève sauvage

Les violences avaient commencé vendredi 10 août, lorsque des centaines de mineurs de fond ont lancé une grève sauvage. Certains, encouragés par le petit syndicat AMCU, réclamaient 12'500 rands par mois (1250 euros), soit plus qu'un triplement de leur salaire actuel qui est d'environ 4000 rands par mois (400 euros).

Des affrontements ont alors éclaté entre des partisans du grand syndicat des mines NUM et ceux de l'AMCU, née d'une dissidence de la NUM. Dix personnes ont été tuées.

«Nous sommes exploités, ni le gouvernement ni les syndicats ne sont venus à notre aide», avait déclaré l'un d'eux mercredi, Thuso Masakeng, «les sociétés minières font de l'argent grâce à notre travail et on ne nous paye presque rien. Nous ne pouvons pas nous offrir une vie décente. Nous vivons comme des animaux à cause des salaires de misère».

Les mineurs vivent dans des taudis accolés à la mine, sans eau courante. Lonmin affirme que la grève a déjà coûté six jours de production à Marikana, soit 300'000 tonnes de minerai. L'entreprise estime désormais improbable d'atteindre son objectif annuel de production de 750'000 onces de platine.

(AFP)

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