Etats-Unis: Point final dans une vieille affaire de meurtre

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Etats-UnisPoint final dans une vieille affaire de meurtre

La plus haute juridiction américaine a classé jeudi une affaire sordide qui avait horrifié Washington il y a plus de 30 ans.

Le bâtiment de la Cour suprême aux Etats-Unis.

Le bâtiment de la Cour suprême aux Etats-Unis.

AFP

La Cour suprême a jugé que les hommes condamnés pour avoir commis des actes barbares sur Catherine Fuller et causé sa mort en 1984 ne méritaient pas d'être rejugés. Cela, même si les procureurs à l'époque ont dissimulé certains éléments de preuve.

Dans les annales criminelles de la capitale fédérale américaine, le meurtre de Mme Fuller occupe une place particulière. D'abord en raison des violences sordides qu'elle avait subies: son corps dénudé avait été retrouvé dans un garage au fond d'une allée. La victime avait été passée à tabac et sodomisée à l'aide d'un tuyau métallique.

Un gang local incriminé

A une époque où la criminalité urbaine était bien pire que maintenant, la femme de 48 ans était sortie faire ses courses avec un porte-monnaie contenant 50 dollars glissé dans son soutien-gorge. Son meurtre avait été commis en réunion, selon l'enquête des policiers.

Seize adolescents et jeunes adultes ainsi qu'une adolescente avaient été arrêtés, membres d'un gang local. Ils avaient entre 16 et 26 ans, et treize des inculpés clamaient leur innocence. Huit hommes avaient ensuite été condamnés pour le crime en 1985, dont sept à des peines allant de 35 ans de prison à la perpétuité.

Un est décédé en détention, un a été libéré et six sont toujours derrière les barreaux. Cette affaire a grandement contribué à ternir la réputation de Washington dans les années 1980, la ville évoquant des images de gangs juvéniles violents en plein essor. Les condamnations ont de surcroît été au fil des ans entachées par des soupçons de partialité. Certains témoins ont modifié leur version des faits.

Preuves dissimulées

Plus grave, il a été révélé que les procureurs n'avaient pas communiqué des informations faisant état de la présence dans le voisinage d'un homme de 19 ans au casier judiciaire chargé, et notamment coupable d'une précédente agression. C'est sur ce fondement que les condamnés demandaient la tenue d'un nouveau procès.

Mais la Cour suprême a rejeté au final cette requête, à une majorité de six juges contre deux. «Dans le contexte des faits, les preuves non divulguées sont trop minces, trop ténues, et trop lointaines pour saper la thèse d'une attaque par le gang», a souligné jeudi le juge Stephen Breyer. Deux des trois femmes magistrates progressistes de la haute cour, Ruth Bader Ginsburg et Elena Kagan, ont signifié leur désaccord avec l'arrêt rendu.

(AFP)

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