Qualité: Pokémon Go est-il un bon jeu vidéo?
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QualitéPokémon Go est-il un bon jeu vidéo?

Les raisons de parler de l'application sont multiples, mais ses vertus purement vidéoludiques sont rarement débattues. Deux spécialistes nous disent ce qu'ils en pensent.

par
Yann Marguet
Reuters

Dérives sécuritaires, records commerciaux, explications du succès de l'app, tout aura bientôt été dit sur «Pokémon Go». Tout ou presque. Les qualités intrinsèques du jeu dont tout le monde parle n'ont en effet pas vraiment occupé le devant de la scène jusqu'à maintenant. La réussite commerciale d'une œuvre n'étant pas toujours synonyme de succès critique, on se demande ce que des joueurs confirmés en pensent. La planète pourrait-elle avoir chaviré pour une «daube», comme on aime à surnommer les mauvais jeux dans le jargon?

Pour Stéphane Laurenceau, animateur de l'émission spécialisée dans le high-tech et le multimédia «Point barre» sur Couleur 3, le triomphe du jeu repose plus sur la licence Pokémon que sur la qualité du jeu elle-même. «Avec la force d'une telle franchise, le succès était assuré.» Pour autant, de l'avis de ce joueur invétéré, le soft du studio Niantic ne propose pas une expérience de jeu inoubliable. «Il n'y a pas de profondeur de gameplay (ndlr: le ressenti global du joueur), c'est répétitif et, à part «regarde où tu marches», le jeu ne véhicule pas grand-chose.» Pour l'heure, il s'agit à son sens avant tout pour une grande partie du public de faire partie de l'aventure. «Il faut être dans le vent, même si c'est un vent de chiottes.»

Une «app sociale»

Yannick Rochat, blogueur jeux vidéo au journal Le Temps, tempère. «Les mécaniques de jeu sont faiblardes et le soft manque d'ambition à ce stade, mais il n'en est qu'à ses débuts.» Il est vrai que les mises à jour annoncées semblent en mesure d'offrir à l'utilisateur des possibilités qui manquaient cruellement jusqu'à maintenant, tel que l'échange de monstres et les combats contre des amis. Mais ce n'est pas ça qui fait de «Pokémon Go» un programme réussi, selon ce docteur en sciences sociales et politiques. «Ce qui fait oublier ses carences, c'est sa faculté à se greffer sur le quotidien. Le jeu continue socialement même une fois l'app quittée.» Discussions en ligne, échanges de méthodes, colportage de légendes urbaines, rencontres dans les «coins à Pokémon», les occasions ne manquent pas. «On voit souvent des photos de gens avançant les yeux rivés sur leur natel, mais il y en a aussi énormément qui discutent.» Des propriétés qui donnent à «Pokémon Go» un autre statut que celui de jeu. «C'est une app sociale, très difficile à juger. Il existe encore trop peu d'applications de ce genre pour pouvoir les comparer.» Ce qui n'a pas empêché certains sites spécialisés de le faire. Ainsi, «Pokémon Go» a récolté la note de 18/20 sur le site de référence jeuxvideo.com. 148Apps, une autre plate-forme, lui a quant à elle attribué la note de 2,5 sur 5. Apparemment, le jeu n'a pas fini de diviser.

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