France: Polémique: la viande cuite au barbecue est un «symbole de virilité»

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FrancePolémique: la viande cuite au barbecue est un «symbole de virilité»

L’écologiste Sandrine Rousseau fait vivement réagir avec ses propos accusant les hommes de manger trop de viande.

par
Renaud Michiels
«La nourriture des hommes émet 41% de plus de gaz à effet de serre que celle des femmes», a plaidé Sandrine Rousseau.

«La nourriture des hommes émet 41% de plus de gaz à effet de serre que celle des femmes», a plaidé Sandrine Rousseau.

AFP

Après ses propos sur «l’homme déconstruit» ou son idée de créer un délit de non-partage des tâches domestiques, l’écologiste française Sandrine Rousseau a engendré une nouvelle polémique. Cette fois elle juge qu’il ne faut plus que manger de la viande cuite au barbecue soit «un symbole de virilité».

«Il faut changer de mentalité pour que manger une entrecôte cuite sur un barbecue ne soit plus un symbole de virilité», a tranché samedi la députée lors d’une table ronde à Grenoble.

Ces propos ont reçu quelques soutiens à gauche. Mais ont surtout été vertement critiqués par des politiciens de droite.

«Stop aux délires»

«Quand le grotesque atteint son paroxysme… Stop à ces délires!» a tweeté l’élu Éric Ciotti, des Républicains. «Ça suffit d’accuser nos garçons de tout! Stop à 'déconstruction' de nos hommes! Stop aux délires de Rousseau», a pesté Nadine Morano, du même parti. «On a à la tête du pays un fou furieux qui veut nous couper le chauffage cet hiver et nous entraîner dans une guerre, mais non on débat… de viande au barbecue!» a taclé Florian Philippot, fondateur des Patriotes, ancien du Rassemblement national.

Ces critiques n’ont pas ébranlé la principale concernée, qui est revenue sur ces propos lundi sur LCI et a détaillé ses arguments. Sandrine Rousseau a en somme avancé que les hommes ont davantage tendance à être des «viandards», et sont donc plus pollueurs.

«La question qu’on se posait dans cet atelier, c’est: comment fait-on pour convaincre les gens de diminuer la part de viande? Il y a tout une discussion sur la valeur symbolique et culturelle qu’avait la viande auprès des plus pauvres et la connotation masculine qui est que cette viande rouge renvoie à tout une masculinité autour de la viande. Quand on pose la question, ceux qui résistent massivement sont des hommes», a-t-elle argumenté, ajoutant que «la nourriture des hommes émet 41% de plus de gaz à effet de serre que celle des femmes».

Le sexe des escalopes

«On a un problème d’une catégorie d’hommes, pas tous, qui refuse absolument une forme d’interrogation sur leurs pratiques et l’effet de ces pratiques sur le réchauffement climatique. Aujourd’hui, on est obligé de toutes et tous se questionner», a encore plaidé l’écologiste. «Qu’est-ce qu’on est prêt à faire? La viande fait partie des gestes individuels immédiats et massifs.»

À la gauche de la gauche, certains ne sont pas convaincus non plus et s’agacent surtout de la place que prend cette polémique. «Vous n’allez pas me parler du sexe des escalopes quand même», a d’abord réagi Fabien Roussel, le candidat communiste à la dernière présidentielle, interrogé par Europe 1. Et de conclure: «Pour moi, on mange de la viande en fonction de ce que l’on a dans le porte-monnaie et pas de ce que l’on a dans sa culotte ou dans son slip.»

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