France : Policier condamné à 12 ans de prison pour des viols sur des détenues
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France Policier condamné à 12 ans de prison pour des viols sur des détenues

Un agent de police de 61 ans a été condamné par la justice mercredi pour avoir abusé de femmes dont il avait la garde au tribunal de Toulon.

Le fonctionnaire condamné a été radié de la police depuis les faits.

Le fonctionnaire condamné a été radié de la police depuis les faits.

AFP

La cour d’assises du Var a condamné mercredi un policier de 61 ans à douze ans de réclusion criminelle pour des viols et des délits de harcèlement sexuel à l’encontre de détenues dont il avait la garde au tribunal de Toulon entre 2014 et 2018.

Faveurs sexuelles

L’accusé, à l’énoncé du verdict, est apparu sonné, tandis que ses avocats, Mes Valentin Loret et Philippe Vouland, ont indiqué «envisager» avec leur client de faire appel.

Le jury est allé plus loin que l’avocat général Bernard Marchal, qui avait requis sept ans d’emprisonnement, une sanction «compréhensive» qui devait permettre à l’accusé, «compte tenu de la détention provisoire déjà effectuée, de pouvoir prétendre à un aménagement de sa peine dans un délai inférieur à un an».

Claude Mardi, policier depuis 1980, en poste au tribunal de Toulon depuis 2008, est en détention provisoire depuis juillet 2018, à l’isolement du fait de sa fonction. Il a été radié de la police depuis les faits.

M. Mardi se voyait reprocher, outre deux viols contre une jeune femme et un transsexuel brésilien, des faits de harcèlement sexuel sur trois jeunes femmes. Toutes ont expliqué, en audition ou à l’audience, que le policier, abusant de sa fonction de chef des geôles du tribunal de Toulon, tentait de monnayer des faveurs sexuelles contre la possibilité, par exemple, d’aller fumer une cigarette.

Muré dans le mutisme

L’une des parties civiles, qui a expliqué pendant l’audience comment elle avait été amenée à effectuer une fellation sur Claude Mardi en échange de la possibilité de passer un coup de téléphone, a indiqué: «Je suis peinée pour lui, ça fait beaucoup, mais en même temps je suis soulagée car je sais que pendant douze ans, il ne fera plus de mal à personne».

Pendant tout le procès, M. Mardi avait réfuté en bloc les accusations portées contre lui, à l’exception de celles portées par cette femme à qui il avait présenté ses excuses au cours de l’audience. «Ça n’aurait pas dû se passer», lui avait-il dit, sans pour autant donner plus d’explications à la cour, muré dans son mutisme.

C’est la plainte de cette victime qui avait déclenché, en juin 2018, la procédure à l’encontre du fonctionnaire. L’IGPN avait identifié une seconde victime de viol lors de prélèvements d’ADN effectués dans les toilettes, réservées au personnel, où les faits ont été commis.

Puis le parquet de Toulon avait demandé à l’IGPN d’adresser une lettre type à 190 femmes passées par les geôles de ce tribunal entre 2014 et 2018, permettant ainsi d’identifier trois nouvelles victimes.

Victime absente

Mes Valentin Loret et Philippe Vouland ont demandé à la cour d’acquitter leur client pour l’essentiel des faits, en raison, selon eux, d’un «doute», à l’exception du premier viol.

Une autre victime de viol, un transsexuel, ne s’est pas présentée à l’audience. Son ADN avait été retrouvé au cours des investigations de l’IGPN dans les toilettes réservées au personnel des geôles du tribunal de Toulon, où avait eu lieu le premier viol. L’accusé, qui reconnaît la fellation avec la première détenue, nie en revanche ce second viol.

(AFPE)

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