Berne – Politique climatique: «Je suis prêt à risquer ma mort»
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BernePolitique climatique: «Je suis prêt à risquer ma mort»

Après avoir perdu 8 kilos en 10 jours, le gréviste de la faim fribourgeois, Guillermo Fernandez, réclame toujours une session de l’Assemblée fédérale sur le climat.

par
Eric Felley
Après dix jours de grève de la faim, Guillermo Fernandez est encore en bonne forme pour interpeller les passants sur la place Fédérale.

Après dix jours de grève de la faim, Guillermo Fernandez est encore en bonne forme pour interpeller les passants sur la place Fédérale.

Valentine de Dardel/La Liberté

«Guillermo ne se réalimentera pas tant que l’Assemblée fédérale n’aura pas été convoquée pour une session de formation obligatoire et publique sur la crise climatique et écologique». C’est par cette exigence que se conclut un communiqué diffusé jeudi sur l’action menée par Guillermo Fernandez, père de famille fribourgeois sur la place Fédérale à Berne. Depuis le 1er novembre, il a cessé de s’alimenter et se dit prêt à se laisser mourir: «Parce qu’il y va de la vie de mes enfants».

Depuis le rapport du GIEC

Sa demande s’adresse à la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga en charge de l’environnement et de l’énergie, à qui il demande de convoquer une session de l’Assemblée fédérale consacrée à la menace climatique. C’est en lisant le rapport du GIEC, le 9 août dernier, qu’il a pris conscience de la situation alarmante dans laquelle se trouve la planète. Père de trois enfants, il estime ne plus pouvoir faire autrement que d’agir pour leur avenir.

Après dix jours sans manger, il a perdu 8 kilos et se sent en bonne forme: «Je me sens porté par toute la solidarité des Bernois, explique-t-il. Ils viennent exprès m’apporter des couvertures, des chaufferettes, me proposer des dons. Il y a même un monsieur d’une quarantaine d’années qui m’a apporté une rose. Ils viennent me remercier, et partager leur peine et leur détresse, leur sentiment de n’être pas entendus par la politique».

Le DETEC réagit via la presse

Indirectement, le Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC) de Simonetta Sommaruga, a répondu à son action dans «La Liberté». Sa porte-parole a déclaré: «La conseillère fédérale éprouve de la compréhension pour l’impatience et la soif d’action des citoyens et des citoyennes face au dérèglement climatique qui progresse». La porte-parole a évoqué également un nouveau projet de loi sur le CO₂ «à bout touchant» et expliqué que les membres des Chambres fédérales sont bien informés sur les questions climatiques. Ils devraient soutenir des mesures concrètes pour permettre à la Suisse d’aller vers l’objectif de zéro émission.

Mais pour le gréviste, c’est insuffisant: «Voilà encore des mots creux qui ne sont pas à la hauteur de la gravité du moment. Ce que je désire pour la Suisse, c’est que nous soyons les premiers à arrêter d’utiliser les énergies fossiles, et que nous soyons neutres en carbone dès 2030». Il va donc poursuivre son action la semaine prochaine.

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