Actualisé 16.12.2018 à 13:45

AviationPollution: Swiss classée parmi les mauvais élèves

Dans un classement écologique, Swiss n’est que 89e sur 125 compagnies aériennes. On compare des pommes et des poires, se défend la compagnie.

par
Renaud Michiels
Swiss est méchamment épinglée par l’association allemande Atmosfair.

Swiss est méchamment épinglée par l’association allemande Atmosfair.

Laurent Guiraud

L’association allemande environnementale Atmosfair a tout récemment publié un classement des compagnies aériennes les plus et les moins polluantes. En tête, on trouve TUI Airways, LATAM Airlines Brasil et China West Air, des compagnies charter. Et Swiss? Il faut aller loin, très loin dans le ranking de l’ONG allemande pour la trouver. Dans le classement général, Swiss occupe une très peu flatteuse 89e place sur les 125 compagnies étudiées…

Un peu comme notre étiquette-énergie, Atmosfair attribue encore une classe à chaque compagnie, allant de A à G. Ce sera E pour Swiss. Atmosfair, enfin, calcule les performances de chaque compagnie par rapport à un optimum de dégagement de CO2 estimé atteignable. TUI Airways est tout près de 80% (79,3%). Swiss n’est pas à la moitié: 49,7%.

Conclusions peu pertinentes

Voilà qui fait tache. Alors, la compagnie portant la croix helvétique est-elle vraiment à ranger parmi les très mauvais élèves? Du côté de Swiss, on répond que ce classement mélange un peu des pommes et des poires. Ces conclusions sont taxées de «peu pertinentes» par la porte-parole Meike Fuhlrott, qui avance trois arguments principaux.

«La consommation spécifique par vol varie en fonction du coefficient d’occupation et de la longueur du trajet», avance-t-elle d’abord. Or une compagnie opérant surtout sur le segment long-courrier sera avantagée par ce classement. Second point? «En tant que compagnie en réseau proposant une offre multi-classe, Swiss ne peut pas atteindre l’efficacité énergétique des compagnies charter ou low-cost, car le taux d’utilisation du mètre carré dans les systèmes à 2 ou 3 classes est inévitablement inférieur à celui d’une offre majoritairement, voire exclusivement, à classe unique», explique Meike Fuhlrott.

Importance du taux d'occupation

La porte-parole ajoute encore que les compagnies charters sont favorisées dans les calculs d’Atmosfair. «Les vols charter sont commercialisés à l’avance, à long terme, et atteignent donc en moyenne un coefficient d’occupation supérieur à celui des vols réguliers.» Et de trancher: «ce classement compare donc sans discernement différents modèles d’entreprise qui visent pourtant des publics différents».

Des objections qu’accepterait probablement l’ONG allemande. Mais Swiss n’apparaît pas non plus bien notée par rapport à des compagnies qui semblent comparables.

Des appareils moins énergivores

Meike Fuhlrott estime en tout cas que Swiss «dispose d’une vaste palette de mesures pour réduire la consommation de kérosène et par conséquent l’impact sur l’environnement». Et de citer les nouveaux avions «plus performants»: le Boeing 777-300ER et le Bombardier C Series. Ainsi que des mesures pour réduire le poids des appareils, des modifications pour qu’ils consomment moins, une adaptation de la vitesse de vol ou un travail sur la gestion des atterrissages à Zurich pour éviter «les circuits d’attente au-dessus de l’aéroport.»

Bien. Mais est-ce suffisant? Certainement pas pour l’association allemande. Qui souligne qu'avec l’augmentation du trafic et malgré les mesures prises, seulement «une compagnie aérienne mondiale sur dix parvient à maintenir ses émissions de CO2 à peu près constantes». Ajoutons que le sujet mérite d’être régulièrement remis sur la table: l’aviation contribue pour près de 5% aux changements climatiques.

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