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États-UnisPompeo annule les restrictions dans les contacts avec Taïwan

Le secrétaire d’État américain a mis fin, samedi, aux restrictions imposées aux fonctionnaires US dans leurs relations avec leurs homologues taïwanais.

Mike Pompeo n’a pas précisé la nature des restrictions.

Mike Pompeo n’a pas précisé la nature des restrictions.

AFP

Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a annulé samedi toutes les restrictions qui avaient été imposées au fil des ans aux responsables américains dans leurs contacts avec Taïwan.

«Le département d’État a créé de restrictions internes complexes pour réguler les interactions de nos diplomates, militaires et autres représentants officiels dans leurs relations avec leurs homologues taïwanais», a indiqué le secrétaire d’État dans un communiqué. «Les États-Unis avaient pris ces mesures unilatéralement, pour satisfaire le régime communiste à Pékin. C’est fini», a-t-il ajouté.

Il n’a pas précisé la nature des restrictions et cette annonce apparaît largement symbolique, une loi de 2018 autorisant déjà «des responsables à tous niveaux du gouvernement, y compris des membres du cabinet occupant des fonctions de sécurité nationale, des militaires et d’autres représentants officiels du gouvernement à se rendre à Taïwan et à rencontrer leurs homologues taïwanais».

L’ambassadeur de Taïwan aux États-Unis, Hsiao Bi-khim, a salué cette décision. «C’est la fin de décennies de discrimination», a-t-il écrit sur Twitter. «C’est un très grand jour pour notre relation bilatérale. Je me réjouis de chaque opportunité», ajoute-t-il.

Le ministre des Affaires étrangères de Taïwan, Joseph Wu, s’est également félicité de la levée de «restrictions qui limitaient inutilement nos relations». «Le partenariat rapproché entre Taïwan et les États-Unis repose solidement sur nos valeurs et intérêts communs et la foi inébranlable en la liberté et en la démocratie», a-t-il ajouté.

Fureur de Pékin

Cette annonce, à moins de deux semaines de la fin du mandat du président Donald Trump, devrait néanmoins provoquer la fureur de Pékin, qui considère Taïwan comme partie intégrante de la Chine et qui a déjà violemment protesté contre une visite annoncée à Taïwan de l’ambassadrice des États-Unis à l’ONU, Kelly Craft.

Kelly Craft doit se rendre du 13 au 15 janvier à Taïpei pour des entretiens avec des responsables taïwanais. Elle doit aussi y prononcer un discours sur «les contributions impressionnantes (de Taïwan) à la communauté mondiale et l’importance d’une participation significative et élargie de Taïwan aux organisations internationales», selon le département d’État.

La Chine, qui considère toujours le territoire insulaire comme faisant partie de la Chine et juge que tout déplacement à Taïpei de dirigeants étrangers est de nature à donner une légitimité aux autorités taïwanaises, a menacé de faire payer aux États-Unis «un lourd tribut» si ce voyage a lieu.

«Pas une exception»

L’an dernier, l’administration sortante de Donald Trump avait déjà envoyé à Taïwan des responsables sur fond de vifs contentieux entre les États-Unis et la Chine dans les domaines du commerce, de la sécurité et des droits humains.

Sous la présidence de Donald Trump, Washington et Taïpei se sont rapprochés, le président américain approuvant notamment des ventes d’armes à Taïwan pour un montant estimé à environ 18 milliards de dollars (16 milliards de francs). À l’inverse, les relations sino-américaines n’ont pas cessé de se détériorer.

Mike Pompeo ne va pas jusqu’à vouloir normaliser complètement les relations avec Taïwan, une décision sur laquelle il n’a de toute façon pas autorité. Il indique que les relations avec l’île vont continuer à passer par l’American Institute in Taïwan (AIT), une organisation privée qui joue le rôle d’ambassade des États-Unis à Taïpei. Mais le gouvernement américain «maintient des relations avec des partenaires non-officiels dans le monde entier, et Taïwan n’est pas une exception», conclut-il.

Washington a rompu ses relations diplomatiques avec Taïpei en 1979 pour reconnaître Pékin, mais les États-Unis ont adopté la même année une loi qui stipule qu’ils devront aider Taïwan à se défendre en cas de conflit. Depuis, Washington reste l’allié le plus puissant de l’île et son fournisseur d’armes numéro un. Taïwan, qui jouit d’un système démocratique, vit sous la constante menace de la Chine qui considère ce territoire comme une province rebelle appelée à rentrer un jour dans son giron, et par la force si nécessaire.

(AFP)

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